Pas d'hôtel près du Centre de foires, un problème selon deux acteurs touristiques

Les trois démissions au conseil d'administration de Destination Sherbrooke dans les derniers jours n'ont pas étonné Danielle Pelletier et Carol S. Boulet, qui oeuvrent dans l'univers touristique. Si la première travaille à l'organisation de congrès depuis plus de 30 ans, le second est un habitué du développement économique. Tous deux croient que la promotion du tourisme à Sherbrooke passera inévitablement par le développement d'un produit majeur.
Mme Pelletier a travaillé à l'organisation du 36e congrès de gynécologie-périnatalité tenu en mai au Manoir des sables. «Quand j'organise mes activités, je vais toujours à Bromont ou à Magog-Orford parce que les attraits sont là. À Sherbrooke, les priorités sont trop concentrées au Marché de la gare. Le marché hôtelier n'est pas adapté non plus», lance-t-elle.
Son événement, tenu pendant trois jours, rassemble plus de 300 personnes. Les retombées économiques, selon Danielle Pelletier, sont évaluées à 100 000 $. «Le seul hôtel qui répond à nos besoins est le Delta, mais les salles ne suffisent pas... Dans le secteur de Magog, j'organise des activités comme une soirée sur Le Grand Cru ou une visite des vignobles. À Sherbrooke, il n'y a pas beaucoup d'activités. Je n'amènerai pas les médecins au Marché de la gare. Qu'est-ce que vous voulez qu'ils aillent faire là? Il y a aussi les murales, mais personne ne se déplacera pour ça. Il faut qu'il y ait un incitatif.»
Selon Danielle Pelletier, l'absence d'un hôtel à proximité du Centre de foires cause aussi un problème.
Carol S. Boulet affirme pour sa part avoir téléphoné à Destination Sherbrooke pour poser sa candidature pour un siège au conseil d'administration. Il déplore que personne ne l'ait rappelé pour lui indiquer la marche à suivre.
«On va toujours manquer le bateau si on n'organise pas d'activités qui sortent des frontières de la ville.»
L'homme estime que ses conseils pourraient profiter au milieu touristique sherbrookois, lui qui a ouvert avec Mme Pelletier le marché de l'Estrie, à Eastman, au début des années 2000. «Nous avions reçu 12 500 personnes en trois mois. Nous avons parlé de nos expériences avec le directeur général de Destination Sherbrooke», avance-t-il.
Pour M. Boulet, la solution passe par une étude de fonds. «Il faut identifier ce qu'est Sherbrooke. Quels sont les attraits et les produits touristiques? Avant qu'un joueur majeur vienne investir, il va falloir identifier notre produit principal. Les gens viennent chercher quoi à Sherbrooke? Si vous me posez la question pour Magog, je suis capable de répondre immédiatement... Ça prend de la vision, des gens qui ne font pas du macramé. Ça prend des élus qui ne se cachent pas. Il faut identifier des événements majeurs et poser notre candidature, comme on l'a fait pour les Mondiaux jeunesse... On va toujours manquer le bateau si on n'organise pas d'activités qui sortent des frontières de la ville.»
Carol S. Boulet propose d'organiser une rencontre des intervenants touristiques de la ville pour une mise en commun des idées. «Nous pourrions voir comment on peut faire avancer le tourisme à Sherbrooke. Nous pourrions sortir de là avec une synergie pour que nous travaillions ensemble...»