Les résultats du sondage commandé par la Chambre de commerce de Sherbrooke dévoilés lundi sur le projet de réforme de la structure municipale ne surprennent pas les élus

Pas de surprise chez les élus

Les résultats du sondage commandé par la Chambre de commerce de Sherbrooke sur le projet de réforme de la structure municipale ne surprennent pas les élus. Quelques-uns d'entre eux souhaitent toutefois apporter des nuances.
Rappelons que la Chambre de commerce de Sherbrooke dévoilait lundi que 85 % de ses membres appuient le projet de réforme alors que 89 % sont en faveur de la diminution du nombre de conseillers et que 71 % souhaitent une diminution du nombre d'arrondissements. Ces résultats ont été obtenus à la suite des observations de 154 répondants.
« En réponse aux gens d'affaires qui ont parlé par sondage de la chambre de commerce, je ne suis pas surprise des résultats », commence la conseillère de l'arrondissement de Brompton Nicole Bergeron.
« Parce qu'ils regardent la réforme seulement du point de vue économique. Sauf que nous, une ville, un arrondissement, nous ne considérons pas seulement les enjeux financiers. Oui il faut en tenir compte. Nous, nous regarderons si la réforme est une bonne idée du plan de l'environnement, du plan social ou humain et du plan économique. Sinon, c'est prendre les choses à l'envers. Une ville, tu ne gères pas ça comme une business, parce que ce n'est pas une business. Mais il est vrai que nous sommes des gestionnaires et qu'il faut gérer de façon responsable.
« Moi je dirais aux gens d'affaires, quand vous signez un contrat avec un fournisseur, une fois que vous vous êtes entendus, qu'arrive-t-il si le fournisseur ne veut plus honorer les termes du contrat? Ça se ramasse en cour, tout simplement. Un contrat, ça se change quand toutes les parties qui ont signé sont d'accord. Nous, on n'est pas d'accord qu'on change les termes du contrat. C'est ça l'aspect humain et éthique. »
Jean-François Rouleau aurait quant à lui souhaité que sa proposition soit intégrée au sondage. « Malgré le faible taux de participation, il y a 35 % des gens qui croient que la réforme devrait aller plus loin et c'est exactement le sens de ma proposition, en abolissant les arrondissements. Je suis déçu qu'on n'ait pas pris l'option d'inclure ma proposition dans les questions posées par la chambre de commerce. C'est comme si les questions avaient déjà été décidées par le parti.
« Si on pose la question aux gens d'affaires à savoir s'ils sont pour l'abolition des arrondissements, le pourcentage serait très élevé. Mais je ne suis pas surpris des résultats. Les gens d'affaires ne peuvent pas être contre la proposition de M. Sévigny parce qu'elle permet d'avancer. »
Marc Denault salue aussi le travail de la chambre de commerce. « Je crois que c'est une belle initiative de leur côté. Ils l'ont fait fait de bonne foi et le sondage représente ce qu'on entend sur le terrain. Ce n'est une surprise pour personne parce que les gens nous disent qu'ils veulent une réduction de l'appareil municipal. »
Pour Hélène Dauphinais, le faible taux de réponse au sondage (16,3 %) est un indicateur du manque d'intérêt des commerçants pour le sujet de la réforme. « Ceci étant dit, il est normal que la communauté d'affaires soit en faveur des réductions de coûts parce que c'est souvent l'approche que nous avons en entreprise. »
Mme Dauphinais a par ailleurs noté ce manque d'intérêt dans la population en général lors des consultations publiques. « Le débat a été très occulté par les gens des petits arrondissements, ce qui est un signe de déficit démocratique. Quand on est petit et qu'on est desservi par trois élus, il est plus facile de mobiliser la population et de développer l'esprit de communauté. Mais j'ai noté que les citoyens de Brompton et de Lennoxville ont peu d'empathie envers les citoyens des grands arrondissements par rapport au déficit démocratique. Les citoyens des grands arrondissements ont fait des sacrifices et on leur en demande davantage... C'est donc ce que je n'ai pas entendu dans les consultations qui me dérange. Quand on doit s'occuper de plus de citoyens, on a moins l'occasion de développer le sentiment d'appartenance. »