Une douzaine de citoyens, dont Gilles Fluet, ont profité de l'attention tournée vers Lac-Mégantic dimanche pour exiger une voie de contournement.

«Pas de pétrole au coeur de notre ville»

Avec retenue et sobriété, un petit groupe de citoyens a néanmoins profité de l'attention tournée vers Lac-Mégantic, dimanche midi, pour rappeler qu'ils s'opposent toujours au retour du pétrole dans leur centre-ville.
Au nombre d'une douzaine, ils s'étaient postés avec des pancartes, en vigile silencieuse, au passage à niveaux des rues Québec-Central et Papineau, directement sur le parcours emprunté par les dignitaires et les citoyens après la messe commémorative.
« Pas de pétrole au coeur de notre ville », pouvait-on lire sur une des bannières. « Unissons nos voix pour une voie de contournement », disait une autre.
« On aurait pu être plus nombreux, assure leur porte-parole Gilles Fluet, mais je tenais à ce que ça se fasse dans le respect du deuil et de la commémoration, tout en faisant entendre notre message. »
« Pour pouvoir guérir, résume-t-il, il faut se sentir en sécurité. »
M. Fluet est un citoyen de Lac-Mégantic, « survivant du Musi-Café », précise-t-il, puisqu'il venait tout juste de quitter le resto-bar quand le train fou s'est amené dans la ville le 6 juillet 2013.
Il milite maintenant dans le Comité citoyen de la région du lac Mégantic qui s'est donné pour mission d'exprimer une voix citoyenne auprès des instances concernées pour que le territoire soit décontaminé convenablement et qui revendique un resserrement des lois et règlements « pour que plus jamais des citoyens subissent pareille catastrophe ».
« La voie de contournement, elle est importante à Lac-Mégantic à cause de la pente qu'on a ici, martèle M. Fluet, mais ça n'enlève en rien l'importance de réformer les lois. »
« Il est temps que l'humanité agisse d'une façon responsable, notamment en diminuant significativement l'exploitation et le transport du pétrole de schiste et celui issu des sables bitumineux, défend aussi le Comité citoyen. C'est pourquoi nous demandons aux gouvernements et aux ténors de l'industrie de mettre les énergies propres de l'avant et de les subventionner davantage. Il y a urgence non seulement pour les présentes générations, mais aussi pour les futures. »