Chantal Couture, mère de Joakim, 2 ans, et de Kellya Claveau, 6 ans, a décidé de garder vendredi sa grande à la maison même si les écoles étaient ouvertes.

Pas de fleurs pour la commission scolaire

La Commission scolaire de la région de Sherbrooke (CSRS) n'a pas reçu de fleurs vendredi matin pour la Saint-Valentin.
L'organisme a plutôt soulevé l'ire de centaines de parents après qu'elle eut annoncé que les écoles demeureraient ouvertes pour la journée en dépit des fortes précipitations de neige prévues par Environnement Canada.
Sur la page Facebook de la CSRS, près de 1000 personnes ont manifesté leur mécontentement. Le message de Mélissa Garneau est à l'image de centaines d'autres qui ont majoritairement soulevé le manque de jugement de l'organisme. «La situation est problématique à Sherbrooke, la vision est terriblement réduite, c'est glissant et les chaussées sont enneigées. Laisser les écoles ouvertes, c'est immoral. Vous laissez aller les petits du primaire dans cette tempête, je n'en reviens pas! Le jugement n'a pas été fort aujourd'hui», a-t-elle écrit.
La CSRS, d'un commun accord avec la Commission scolaire des Sommets et la Commission scolaire Eastern-Townships, a jugé que la météo s'annonçait suffisamment clémente pour permettre la tenue des cours. La CSRS a défendu cette décision en expliquant que le choix de fermer ou non les écoles se prenait à 5 h 45 pour des raisons logistiques et qu'à cette heure, rien n'indiquait un tel revirement de situation. Les écoles de la Commission scolaire des Hauts-Canton étaient quant à elles fermées en raison d'un congé pédagogique.
Journées de reprise?
Sur son compte personnel, la conseillère municipale Danielle Berthold a soulevé qu'il était «assez spécial que les écoles de la CSRS soient ouvertes».
Lorsque jointe par La Tribune, la conseillère dans le district de Desranleau ne cachait pas son inquiétude vis-à-vis d'une telle décision, ajoutant que des journées sont pourtant prévues au calendrier pour reprendre les cours perdus lors des tempêtes.
«On n'a pas à s'ingérer là-dedans, mais c'est questionnable leur procédé pour prendre leurs décisions. Les enfants marchaient dans la rue pour aller à l'école et les trottoirs n'étaient pas déblayés. Ce que je trouve malheureux, c'est qu'il y a 7 ans, Jean-Pierre Simard avait pris la même initiative et ça a mal tourné. Je pensais que le passé était garant de l'avenir et que la CSRS avait pris bonne note de ça. Les journées pédagogiques existent pour des cas comme ça», note Mme Berthold.
Les propos de la conseillère rejoignaient ceux d'autres parents, comme Marie-Josée Beaudin, qui se demandaient aussi à quoi pouvaient servir les journées de reprises du 28 mars et du 5 mai si les cours n'étaient pas suspendus les jours où près de 40 centimètres de neige étaient attendus comme c'était le cas vendredi.
«Aucune journée de tempête n'a encore été utilisée cette année... coudonc, avez-vous peur d'en manquer? Si pour vous aujourd'hui ce n'est pas une tempête qui justifie la fermeture des écoles, attendez de voir la tempête que vous allez essuyer dans les prochains jours!» s'est insurgée la dame sur le réseau social.
Qu'à cela ne tienne, de nombreux parents ont fait fi de la décision de la Commission et ont choisi de garder leurs enfants à la maison.
«Le bus de mon fils vient de passer, mais je le garde à la maison!», clame Cathia De Gobbi-Crozier.
«Il neige en fou! Je garde mon ado à la maison aujourd'hui, en sécurité!», écrit Karine Labbé.
Dave Bonneville, tout comme quelques autres citoyens, se faisait quant à lui l'avocat du diable en imputant une partie de la faute aux parents sur Facebook.
«C'est vrai qu'en tant que parents, on doit se fier seulement à la CSRS qui a dû prendre une décision à 5h30 alors qu'il ne neigeait pas encore... fait-il valoir avec ironie. Si la météo n'est pas belle au moment que les enfants vont à l'école, c'est aux parents à prendre la décision de les garder. S'il y a des enfants en danger aujourd'hui, c'est la faute des parents.»