Nouveaux services de laboratoire au CHUS: des discussions à prévoir

Malgré le branle-bas de combat lancé par le Centre hospitalier régional de Trois-Rivières (CHRTR) sur la perte d'une partie de ses services de laboratoires d'analyses au profit du CHUS, il n'y a « rien d'arrêté sur les modalités et il faudra avant que les agences de la santé des deux régions concernées en discutent entre elles », tant sur les activités mêmes concernées, le mode d'application, les transferts de budget et autres. Cela porte plus précisément sur les examens d'analyses des patients du Centre-du-Québec, dont Drummondville et Victoriaville.
« Avant de procéder à la mise en opération, les agences de la santé et des services sociaux de la Mauricie-Centre-du-Québec et de l'Estrie auront des discussions entre elles d'ici la fin mars. On verra pour la suite des choses. Mais le ministre va être en mode écoute », a réagi Ariane Lareau, attachée de presse de Réjean Hébert, titulaire de la Santé et des Services sociaux.
Du côté de Trois-Rivières, c'est la grogne : on accuse le ministre, également responsable de l'Estrie, de vouloir favoriser son comté et de dépouiller Trois-Rivières d'un système de laboratoire « des plus performants au Québec et qui vient de faire l'objet d'investissements majeurs ». Le CHRTR évoque même comme conséquence l'exode de médecins spécialistes, estimant que cela n'est qu'un pas vers d'autres démantèlements au profit du CHUS. Même l'ancien candidat adéquiste et puissant Dr Gaétan Barette, président de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), a embarqué dans la fronde, accusant le ministre Hébert de magouiller politiquement.
Or Ariane Lareau rappelle que les changements viennent de la mise sur pied du projet Optilab en 2011, visant précisément à regrouper, à renforcer et à créer une masse critique suffisante en regard d'activités de laboratoire, dans les créneaux de spécialités et de surspécialités médicales. En outre, l'idée est de calquer le territoire de desserte de ces activités sur celui du Réseau universitaire intégré de santé (RUIS), décrété il y bientôt 10 ans et dont l'application suit graduellement son cours. Il se retrouve que la région du Centre-du-Québec, dont une partie de la Montérégie du reste, est intégrée RUIS du CHUS, à titre de pôle universitaire et de recherche, alors que celle de la Mauricie est rattachée au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM).
Parlant de mise en oeuvre « rationnelle » en fonction des territoires de desserte, Mme Lareau a également indiqué que ce dont il est question c'est « du transfert d'analyses de prélèvements en laboratoire, mais non des patients ni des spécialistes » qui les suivent au CHRTR.
Du reste, le ministre responsable de la Mauricie et du Centre-du-Québec et député de Johnson, Yves-François Blanchet, doit échanger avec son collègue Hébert, présentement retenu à l'extérieur du pays, et rencontrer les opposants au projet dans les prochains jours.