La motoneige de Samuel Brisebois a été repêchée des eaux du Lac Magog le 2 juin, à 610 m de l'endroit où le jeune motoneigiste s'est enfoncé sous la glace.

Mort de Samuel Brisebois: «Une plaie qui ne guérira jamais»

Retour nécessaire sur l'histoire de Samuel Brisebois, ce jeune motoneigiste de 23 ans décédé le 12 mars dans les eaux du lac Magog. Un entretien avec sa famille a révélé des faits qui ne figurent pas au rapport du coroner.
« Je veux rétablir l'histoire, c'est un devoir que j'ai envers Samuel », de dire sa mère, Chantal Blanchet.
Le soir du 12, après quelques commissions, Samuel se rend chez elle pour souper aux environs de 19 h. À plusieurs reprises, il envoie des messages textes; il cherche des gens pour une balade de motoneige.
Il se fait inviter à une cabane sur le lac Magog. Il rassure sa mère inquiète et quitte vers 20 h en temps de tempête.
Son cellulaire, qui a passé six jours sous l'eau, révèle qu'il n'a jamais trouvé cette cabane.
« Je cherche sur le lac », a-t-il écrit à 20 h 44.
Ses amis lui disent de sortir du lac, le blizzard le rendant trop dangereux, mais il n'a jamais reçu le message. Guidé sommairement par une application GPS, il s'enfonce dans les eaux non gelées vers 21 h 10.
« Il voulait rejoindre un sentier balisé pour sortir du lac. Samuel connaissait tous les racoins et il était toujours prudent. Ça m'a surpris à quel point quand je suis allé en motoneige avec lui », souligne son frère Jonathan, qui ajoute au passage que Samuel était expérimenté, ayant commencé la moto à l'âge de 7 ans.
Cris sans suites
Son casque révèle un élément troublant. La grille qui recouvre la bouche a été arrachée par Samuel afin de crier à l'aide.
Ses cris de détresse sont entendus par une résidante, qui alerte la police. Deux agents se rendent sur place, cherchent avec une lampe de poche et quittent les lieux bredouilles. Ils n'y retournent pas le lendemain en temps plus clément.
Samuel est retrouvé six jours plus tard, à 132 m de l'endroit où il s'est enfoncé. Sa motoneige est repêchée, 610 m plus loin, par des pêcheurs le 1er juin et sortie de l'eau le lendemain.
« Je sais que ça ne changera rien au fait que mon fils serait décédé pareil, mais ce que je déplore des policiers, c'est qu'ils ont reçu un appel à l'aide, ils ont été sur place, ils n'ont rien vu, c'est correct. Mais pourquoi ils ne sont pas retournés le lendemain? Les traces paraissent encore six jours après. Mon gars n'aurait pas passé six jours dans l'eau », déplore sa mère avec émotion.
« Je veux expliquer pourquoi ça a pris quatre jours avant qu'on le déclare disparu », ajoute-t-elle à la hâte.
Samuel se trouvait entre deux emplois. Il avait du temps devant lui pour partir en excursion. Son camion n'était pas dans son garage et sa prise de cellulaire, restée chez son père, expliquait pourquoi il ne répondait pas au téléphone.
« Tout concordait. On ne pensait pas qu'il pouvait arriver quelque chose », rappelle Claude, son père.
Le samedi, c'était la fête à son frère Jonathan.
« Samuel avait dit qu'il serait là et il tient toujours parole. Il n'a jamais manqué une de mes fêtes », mentionne son frère Jonathan.
Mais il ne s'est jamais présenté et sa famille a réalisé la gravité de la situation... La suite a plongé la famille dans le drame.
« Ça a été une succession d'épreuves difficiles. L'identifier à la morgue, les funérailles... Je prends de la médication, sinon je ne m'en serais pas sortie, raconte sa mère. Samuel savait ce qu'il faisait, ce n'était pas un inconscient comme plusieurs pensent. Il me manque beaucoup. »
« C'est une plaie qui ne guérira jamais vraiment », résume son père.