Le directeur général des Résidences Montchénou, David Caron, et le vice-président du conseil d'administration, Michel Damphousse, se désolent de devoir sabrer dans les services de répit, en raison d'un différend avec l'Agence de la santé et des services sociaux de l'Estrie sur la question du financement.

Monchénou baisse les bras

C'est en arborant des visages longs que les membres du conseil d'administration des Résidences Monchénou ont tenu à apporter des explications sur les récentes coupures de services de leur organisme vendredi.
«Au moment où on se parle, on rencontre toutes les exigences voulues par l'Agence de la santé et des services sociaux», a indiqué d'emblée aux parents et médias le vice-président du CA, Michel Damphousse.
«Malheureusement, poursuit-il, on est rendus à une étape où on doit baisser les bras à la suite des réponses qu'on se fait donner de part et d'autre.»
Depuis le début de l'année 2013, l'organisme sans but lucratif cherche à obtenir du financement récurrent à hauteur de 240 000 $ du gouvernement provincial pour maintenir ses différents services de répit aux familles responsables de personnes atteintes de déficience intellectuelle ou de troubles envahissants du développement. L'Agence leur a cependant souligné que pour ce faire, il devait se conformer au Programme de soutien aux organismes communautaires (P-SOC). Or, le financement récurrent, si la demande du PSOC était acceptée, serait octroyé près de deux ans plus tard, à compter de décembre 2015, beaucoup trop tard aux yeux du CA qui y voit littéralement une invitation à fermer.
«L'Agence, on ne comprend pas, on ne s'explique pas pourquoi elle ne nous reconnaît pas une valeur comme organisme. Il y a une totale nonchalance et indifférence à trouver des solutions. C'est déroutant de voir qu'après tout ce qu'on a démontré comme compétence et crédibilité, qu'on nous dise de fermer nos services», mentionne, débouté, le directeur général de Monchénou, David Caron.
Plus que tout, les membres du CA déplorent le statu quo qui semble prédominer à l'Agence. Ces derniers ont fait une présentation de près d'une heure montrant que les lignes directrices de celle-ci n'ont pas changé depuis 13 ans.
«Si j'avais pu reculer plus loin je l'aurais fait, signale M. Caron. Depuis 2001, l'histoire se répète : on utilise les mêmes orientations. C'est indécent.»
Le manque de financement a forcé Monchénou à amorcer mardi la coupure progressive de l'ensemble de ses services, à l'exception des services offerts aux résidants permanents. Sans vouloir aborder une éventuelle fermeture de l'organisme, David Caron s'est contenté de répondre que la situation demeure «précaire» lorsque questionné sur le maintien des services aux résidants permanents.
Le ministre Réjean Hébert a remis en question les façons de faire de l'organisme qui a augmenté son offre de services avant même de s'assurer qu'il serait en mesure de les maintenir, ce à quoi David Caron répond que sa réalité est différente de celle du ministre.
«C'est un très bon point ce qu'il dit. M. Hébert est dans ses tours en haut. Nous, tous les jours, on reçoit des demandes. On n'a pas élargi nos tentacules par inspiration un matin. On a essayé d'être à l'écoute des besoins des gens.»
Le conseil d'administration tiendra une seconde rencontre d'information dimanche à 13h30, au 1265 rue d'Alsace, pour les parents qui n'auraient pu assister à la première.