De gauche à droite, Dre Linda Pinsonneault et Dre Mélissa Généreux de la Direction de la santé publique, Bernard Lacroix, directeur général de la CSHC et le directeur des services de l'enseignement, Martial Gaudreau, ainsi que Chantal Bélanger, directrice par intérim de l'école Saint-Luc.

Moisissures à l'école St-Luc: les élèves déménageront à La Frontalière

La cloche a sonné pour les 144 élèves de l'école Saint-Luc de Barnston et les membres du personnel : à compter de mercredi prochain, tout le monde déménagera vers l'école secondaire La Frontalière, de Coaticook, jusqu'à la fin de l'année scolaire.
La décision repose, entre autres, sur les tests de qualité de l'air qui révèlent une concentration élevée de moisissures, plus particulièrement l'aspergillus/penicillium, dans les locaux d'usages généraux, soit le gymnase et les vestiaires.
« Considérant que plusieurs enfants et membres du personnel présentent des problèmes de santé compatibles avec la présence de moisissures, que des investigations supplémentaires doivent être réalisées dans les locaux dont le profil fongique est anormal et que la situation ne peut être corrigée à court terme, la Direction de la santé publique recommande le déménagement des enfants », a annoncé la directrice de Santé publique Estrie, Dre Mélissa Généreux, devant la soixantaine de parents présents à la rencontre d'information de mardi soir.
La décision confirme la rumeur qui circulait déjà au sein du petit village de Barnston, suscitant la colère des uns et le soulagement des autres puisque, malgré les opinions divergentes, on sentait un certain apaisement dans l'atmosphère.
Les tests de qualité de l'air révélaient aussi des taux élevés de CO2 dans la plupart des locaux de classe, conjugués à des taux d'humidité relativement bas. Quant aux résultats préliminaires de l'enquête de santé menée auprès des parents et du personnel enseignant au cours des dernières semaines, ils ont permis d'identifier qu'une personne sur quatre présentait des symptômes liés à la qualité de l'air. Toutefois, le taux de réponse de cette enquête étant de seulement 56 %, la Direction de la santé publique a choisi de prolonger le délai de participation jusqu'au 12 février. « Même si les résultats préliminaires sont suffisamment représentatifs pour valider notre recommandation, un meilleur échantillonnage nous permettra de raffiner la compréhension de la situation », a expliqué Dre Linda Pinsonneault, médecin-conseil à la Direction de la santé publique. Le portrait final de l'enquête devrait être connu autour de la semaine de relâche.
Déménagement dès mercredi prochain
Le transfert sera effectif à compter de mercredi prochain, le 12 février, avec un congé les 6, 7, 10 et 11 février. Le service de garde sera rouvert à l'école La Frontalière à compter du lundi 10 février. Entre temps, la direction de l'école d'accueil s'affaire à libérer l'aile qui sera occupée et réservée à l'usage exclusif des 144 nouveaux élèves et de leurs enseignants. Quant au transport scolaire, les inquiétudes des parents étaient fort nombreuses, notamment en ce qui concerne les horaires, ainsi que la cohabitation des tout-petits avec les grands du secondaire. Des mesures ont été prises à divers niveaux, mais la directrice par intérim, Chantal Bélanger, s'est montrée rassurante.
« Les enfants ont une capacité d'adaptation étonnante. La première journée on les accompagne et dès la deuxième journée ils nous regardent comme s'ils se demandaient ce qu'on faisait là! » Une rencontre est d'ailleurs prévue ce matin avec les enfants, afin de leur expliquer la situation, les étapes à venir, ainsi que les choses à emporter en prévision du déménagement. Entre temps, tous les parents absents à la rencontre de mardi soir ont été joints par téléphone afin de les informer de la décision de la CSHC, de même que les inviter à venir récupérer les effets personnels de leurs enfants dans les casiers.
Avec la collaboration du Centre de santé et des services sociaux de la MRC-de-Coaticook, on a aussi prévu un soutien psychologique auprès des enfants qui seront fragilisés par le changement. La CSHC entend faire tout en son pouvoir afin d'assurer dès l'automne prochain « une rentrée scolaire normale dans des lieux sains », suivant les propos du directeur général, Bernard Lacroix. Il en fait un objectif, mais non une promesse.