Ghyslain Paquet et Jacques Blain

Marché de la gare: les membres exigent une vocation claire

Les membres de la Corporation du Marché de la gare de Sherbrooke se sont adressés au conseil municipal, lundi, pour demander l'élaboration d'un plan de développement pour le site sur lequel ils sont établis. Ils souhaitent également que la Ville prenne une position claire sur le rôle du Marché de la gare.
Jacques Blain, producteur maraîcher biologique aux Vallons maraîchers, et Ghyslain Paquet, propriétaire de la Fromagerie de la gare ont notamment identifié des freins au développement du marché.
«Nous souhaitons que le conseil municipal se positionne clairement sur ce qu'il souhaite faire du Marché de la gare : un espace locatif à but lucratif ou un lieu de mise en marché agroalimentaire et un lieu de revitalisation du centre-ville qui offre des services à la population?» a déclaré Jacques Blain.
Les deux hommes ont notamment déploré un manque de vision commune et un manque de planification à long terme qui a mené à un sentiment d'insécurité. Ils jugent aussi la communication déficiente entre le gestionnaire du marché, Destination Sherbrooke, et les marchands, de même qu'un taux de roulement élevé des personnes responsables de la gestion logistique.
Un autre problème selon eux serait l'incompatibilité entre certaines activités récréotouristiques et le développement d'un marché public agroalimentaire urbain.
«Malheureusement, à la suite de problèmes rencontrés, des producteurs et des transformateurs se sont découragés et ont quitté l'emplacement. Nous considérons que le statu quo n'est plus envisageable si on désire voir progresser le développement du Marché de la gare. Depuis le printemps 2013, accompagnés de la Corporation de développement économique et communautaire de Sherbrooke, les marchands se sont mobilisés afin d'élaborer un projet de développement du marché.»
Dans la vision adoptée, les marchands plaident pour une implication dans le processus décisionnel et pour donner la priorité à l'achat local. Ils souhaitent de plus offrir à l'année des produits agroalimentaires diversifiés et de proximité et amener la ferme à la ville.
Pour ce faire, les marchands proposent d'élaborer un plan de développement mettant en commun les visions de la Corporation du Marché de la gare, de Commerce Sherbrooke, des élus municipaux, de l'UPA Estrie, de Destination Sherbrooke et de la CDEC de Sherbrooke. Ils souhaitent aussi une étude de marché auprès de la population, un projet qui bénéficie d'une aide financière de 35 000 $ obtenue par la CDEC de la part de la Conférence régionale des élus de l'Estrie. Destination Sherbrooke contribue à hauteur de 5000 $ supplémentaires.
La Corporation du Marché de la gare demande donc la formation d'un comité de travail formé d'élus et de marchands, un canal de communication clair et direct entre les élus et les marchands, la mise en place d'un processus décisionnel transparent, et que les marchands soient partie prenante des décisions concernant le Marché de la gare.
«Nous croyons fermement à un marché public urbain et nous voulons travailler avec des gens et organismes proactifs afin de mener notre projet à terme», ajoute M. Blain.
Le vice-président de Destination Sherbrooke, Rémi Demers, a qualifié l'intervention des marchands de «pertinente». «Vous recevrez une invitation pour rencontrer les membres du C.A. de Destination Sherbrooke lors de notre réunion du 26 mars. Il y a certains irritants qui méritent d'être étudiés. Vous êtes déterminés à la progression du Marché de la gare et c'est tout à l'avantage de la Ville de Sherbrooke», a commenté M. Demers.
La Corporation regroupe 15 entreprises agroalimentaires, quatre dans les installations permanentes et onze entreprises saisonnières, et crée plus de 90 emplois.