L'ultime rassembleuse

Travailleuse acharnée, passionnée, visionnaire, brillante... Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire la forte personnalité de Patricia Gauthier et expliquer les succès d'une longue carrière qu'elle poursuit depuis 36 ans en gestion hospitalière, dont les 12 dernières années au CHUS.
Mais le mot qui lui colle le plus à la peau et qui la définit le mieux c'est d'être rassembleuse, au profit d'un ultime objectif : le mieux-être des patients dans l'organisation des soins et des services de santé.
«C'est fondamental de rassembler les gens, pour avoir des équipes qui travaillent ensemble. Et plus l'organisation est grosse et complexe et plus il faut pouvoir rassembler le monde, en ayant toujours à coeur le patient et la qualité de services qu'il en est droit d'avoir et qu'on a l'obligation de lui procurer... Bien sûr, ce n'est pas toujours simple à atteindre, mais quand les gens d'une organisation travaillent main dans la main en gardant toujours cet objectif en tête, les chances de réussite sont plus grandes. Il faut le faire dans le respect des gens qui nous entourent, en toute transparence et en reconnaissant l'importance du rôle que chacun joue dans l'organisation, peu importe sont statut», soumet Mme Gauthier.
Exporter le succès
Cette formule à succès qui a valu au CHUS, pourtant jadis menacé de disparaître, de devenir le fleuron qu'il est à l'échelle québécoise et même internationale, son ancienne directrice générale des 12 dernières années entend bien l'exporter dans son nouveau job de présidente-directrice générale de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Même si elle reconnaît que la tâche de chapeauter le travail d'établissements de santé devenus de véritables tours de Babel et autant de gouffres financiers ne sera pas aisée.
Aussi, pour l'aider à prendre le taureau par les cornes, Patricia Gauthier va d'abord servir sa médecine douce à l'Agence. Par là, elle va s'appliquer à démontrer l'importance, dans toute action, d'avoir les patients en tête. «Dans notre Agence, on ne le voit pas les patients. Mais on va travailler tout le monde ensemble à les imaginer, à poser nos gestes en fonction d'eux. Autrement, c'est le risque de tomber dans la bureaucratie et la technocratie et d'oublier l'humain devant les structures», donne-t-elle en réflexion.
Mme Gauthier a également toujours mis très haut en tête de priorité le sens du partenariat. C'est ainsi qu'il s'est développé au fil du temps des corridors de services aux résultats très fructueux avec les autres établissements de santé de l'Estrie, comme les CSSS, qui ont cessé de voir le CHUS comme le gros monstre voulant les avaler. «C'est primordial le partenariat, dans le respect des rôles qu'on a tous à jouer. L'un n'est pas plus important que l'autre. Puis en plus de faciliter les choses pour les patients, leur éviter par exemple de se retrouver entre deux chaises, c'est de tenir compte que l'argent qu'on gère, c'est l'argent du public», fait-elle valoir.
Par delà l'agrandissement et la modernisation de l'Hôtel-Dieu, à la mise en place du projet de Centre Femmes-jeunesse-familles, en passant par celui du Centre de recherches cliniques Étienne-LeBel et bien d'autres investissements, Patricia Gauthier a su par son style mériter le respect de ses pairs. Des honneurs, comme celui du Prix Partenaire en 1993 ou le prestigieux Prix Raymond-Carigna 2012, en sont une brève illustration.
REPÈRES
Née à Montréal;
Comptable de formation;
A débuté à l'Hôpital Notre-Dame en 1978;
Mère de deux enfants de 34 et 30 ans qui suivent ses traces.