Logements coopératifs: un important manque à combler

La folie des déménagements enfin derrière nous, l'heure est au bilan. À Sherbrooke, 600 ménages sont toujours en attente d'un logement dans l'un des 45 complexes de la Fédération des coopératives d'habitation de l'Estrie.
Actuellement, 1738 personnes ou familles vivent en coopérative. De ce nombre, près de 30 % reçoivent une aide financière du gouvernement.
Le besoin est criant pour des gens qui gagnent trop pour aller en logement social, mais qui doivent consacrer une trop grande part de leur revenu pour se loger dans une habitation privée.
« Le revenu moyen des ménages qui habitent en coop est de 26 000 $. Si un logement normal coute 700 dollars, en coop ça devrait tourner autour de 550. C'est en général 20 % en deçà du prix du marché et c'est un chiffre qui augmente au fil des ans », indique Guillaume Brien, directeur général de la FCHE.
Comment ça marche?
Les logements coopératifs diffèrent des logements sociaux et répondent à des besoins qui eux aussi sont différents.
« La coopérative est une entreprise d'économie sociale, elle est en soi autonome, elle est gérée par ceux qui y habitent. Les gens qui y habitent ont un chapeau de locataire, mais signent aussi un contrat de membre avec des obligations d'agir en bon propriétaire », explique M. Brien
Une micro-société en soi où chacun joue un rôle afin d'assurer le bon fonctionnement de l'habitation. Sa mission, non lucrative, est de favoriser une qualité de vie à ses membres à un cout modique de par leur implication. Pour des gens dans le besoin, il s'agit d'une bonne manière d'ajouter une corde à son arc
« Il y avait des gens qui n'étaient pas manuels qui sont devenus des experts, des gens qui avaient peur des chiffres qui sont devenus des références dans la gestion de la coop. C'est un défi en soi, mais c'est tellement beau à voir. À force de s'impliquer, ils réalisent qu'ils ont un effet sur leur habitation », raconte M. Brien.
Près de 500 nouvelles coopératives devraient voir le jour en Estrie dans les cinq prochaines années pour tenter tant bien que mal de combler ce manque flagrant.