L'ex-président de Sintra admet la collusion dans les contrats du MTQ

L'ancien président de Sintra, Normand Bédard, a admis devant la Commission Charbonneau, mercredi, que son entreprise a participé à un système de collusion dans le domaine du pavage pour les contrats du ministère des Transports du Québec.
<p>Normand Bédard</p>
Et il a été mis au courant de la façon de procéder dès 1986 par un autre cadre de l'entreprise, qui lui avait indiqué que dans la région de la Montérégie-Est, les trois entreprises participantes se partageaient les contrats à raison d'un tiers, un tiers, un tiers.
«On se respectait; on avait une parole. Et les gens respectaient leur parole en général», a commenté M. Bédard.
Sintra est l'entreprise qui a décroché le plus de contrats du ministère des Transports pendant la période 1997-1998 à 2011-2012, selon les tableaux déposés devant la commission, soit 1,645 milliard $.
M. Bédard était alors directeur régional à Granby pour Sintra. Ensuite, il est allé à Sherbrooke, où le même système de partage des contrats avec le concurrent avait cours. Et un autre témoin a déjà avoué à la commission que Sintra participait à un système similaire à Montréal, toujours avec son principal concurrent DJL, mais également avec d'autres entreprises.
Fait à noter, le dirigeant de Sintra a lui-même siégé à un «comité des prix» du ministère des Transports. Le ministère fixe en effet des prix pour certains matériaux, ce qui lui est utile notamment pour établir ses propres estimations.
Encore en 2008, alors qu'il était devenu président de Sintra, la collusion a eu cours pour deux importants contrats de l'autoroute 10. DJL a obtenu le premier des deux contrats, d'une valeur de 6,47 millions $, et Sintra a obtenu le second.
La collusion a pris fin quelque part dans les années 2000 lorsqu'il s'est rendu compte que l'entreprise «n'en avait pas besoin pour vivre». Bien sérieusement, il a dit à la commission: «j'ai toujours cru que la modération a bien meilleur goût».
M. Bédard a estimé sa marge de profit à 10 à 15 pour cent pour les contrats en collusion, voire 20 pour cent pour certains contrats.
Pour les contrats en libre concurrence, sa marge de profit était inférieure à 10 pour cent.
Et lorsque la collusion a pris fin, sa marge de profit demeurait tout de même à 5, 7 ou 8 pour cent, a-t-il précisé.
Des contrats pour les municipalités étaient aussi touchés par la collusion, a admis M. Bédard.
La collusion a pris fin quelque part dans les années 2000 lorsqu'il s'est rendu compte que l'entreprise «n'en avait pas besoin pour vivre». Bien sérieusement, il a dit à la commission: «j'ai toujours cru que la modération a bien meilleur goût».
M. Bédard a estimé sa marge de profit à 10 à 15 pour cent pour les contrats en collusion, voire 20 pour cent pour certains contrats.
Pour les contrats en libre concurrence, sa marge de profit atteignait plutôt de 0 à 10 pour cent.
Et lorsque la collusion a pris fin, sa marge de profit demeurait tout de même à 5, 7 ou 8 pour cent, a-t-il précisé.