L'Est veut une salle multifonctionnelle

Si le projet de bâtir un centre de congrès dans l'Est de Sherbrooke se retrouve pour le moment relégué aux oubliettes, l'arrondissement de Fleurimont pourrait plutôt se voir doté d'une salle multifonctionnelle moderne.
Devant les conclusions d'une étude de marché réalisée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton, Patrick Hardy, membre du conseil d'administration de la Chambre de commerce de Fleurimont (CCF) et responsable du dossier à l'étude, croit que le rapport fait la lumière sur une problématique bien réelle alors qu'on peut y lire que Fleurimont ne comprend aucune salle « pouvant servir à des événements d'affaires ».
L'arrondissement possède des salles permettant d'accueillir beaucoup de personnes, mais il s'agit d'arénas, de gymnases et d'une église, « lieux qui ne peuvent être adaptés à des clientèles scientifiques ou d'affaires ». Par ailleurs, la salle Le Parvis, qui permet d'accueillir 200 personnes, « se prête difficilement à un événement de type scientifique ou d'affaires, étant donné sa mission culturelle ».
« À partir du moment où on a montré qu'il y a un besoin, on s'attend à ce qu'il y ait un promoteur quelque part qui veuille réaliser le projet », affirme M. Hardy, qui ajoute que le promoteur déterminerait la capacité d'accueil de la salle en fonction de ce qu'il considèrerait comme étant viable.
L'ex-président de la CCF a déjà commencé à recueillir le nom d'entreprises et d'organisations qui s'engageraient à utiliser la salle multifonctionnelle, tout particulièrement pour y organiser des événements récurrents.
Le vice-doyen à la recherche et aux études supérieures de la faculté de médecine, Jean-Pierre Perreault, aurait d'ailleurs signifié son intérêt. Selon M. Hardy, à elle seule, la faculté de médecine organise beaucoup d'activités chaque année, notamment des rencontres scientifiques, congrès et colloques.
« Ce sont le genre d'activités pour lesquelles on aimerait grandement avoir une salle multifonctionnelle avec haute technologie », avance-t-il. L'un des objectifs de la Chambre de commerce est d'ailleurs de donner une « couleur scientifique axée sur la santé » à cette salle.
On s'est rendu compte qu'avec un centre de congrès, on visait très haut.
Un centre de congrèsde trop grande envergure
Patrick Hardy admet que le projet de centre de congrès étudié initialement était de trop grande envergure. « On s'est rendu compte qu'avec un centre de congrès, on visait très haut », dit-il.
Le projet soumis à l'étude était un complexe hôtelier comprenant 200 chambres, un centre de congrès à la fine pointe de la technologie, une salle de spectacle, des salles de cinéma, un restaurant et des salles de réunion; l'idée était de faire un centre plus grand que celui rattaché à l'hôtel Delta, dans le but d'accueillir des congrès nationaux et internationaux. « On avait sorti diverses hypothèses, et avec cette étude, on voulait savoir ce qui était réaliste », précise M. Hardy.
Un obstacle majeur se pose quant à la réalisation d'un tel centre de congrès : la présence de vols internationaux à l'aéroport de Sherbrooke est énumérée dans le rapport parmi les « conditions pour le succès du projet ».
« On a eu une grande déception quand on a appris que l'aéroport ne serait pas désigné par Transports Canada, parce que ça venait en contresens avec notre projet. Lorsqu'on a pensé à ce projet, on appliquait l'hypothèse que l'on aurait un aéroport en région », dit M. Hardy.
Devant les conclusions de l'étude, le projet de centre de congrès est donc laissé de côté, du moins pour l'instant. « On n'a pas les atouts et la capacité d'attirer ce genre de congrès là », conclut M. Hardy.
Les faits saillants du rapport
- Le rapport affirme que « le parc hôtelier sherbrookois semble ne pas répondre aux standards généralement exigés par la clientèle d'affaires ». Selon un expert cité dans le rapport, malgré certaines rénovations, l'Hôtel Delta ne serait « pas encore au niveau souhaitable » pour une clientèle corporative.
- Par ailleurs, le Grand Hôtel Times serait limité en termes d'attraction par sa « faible capacité » (120 chambres et une salle de réunion accueillant 384 personnes maximum).De plus, « les hôtels 4 étoiles se situent tous à plus de 8 minutes d'automobile du Centre de foires, ce qui représente une distance trop importante pour certains clients potentiels ».
- Le taux d'occupation du parc hôtelier sherbrookois a été en baisse de 2009 à 2012, passant de 53 % à 48 %.
- Pour que le projet proposé initialement par la Chambre de commerce de Fleurimont ait été rentable, il aurait dû accueillir 43 800 nuitées par année, soit 42 % du total de nuitées vendues à Sherbrooke en 2012. Le centre de congrès aurait dû recevoir 30 000 participants par année.
- L'arrondissement de Fleurimont ne comporte pas vraiment de salle pouvant servir à des événements d'affaires.