Anne Desrosiers, une cliente du Marché de la gare.

Les Sherbrookois tiennent au marché public

Les producteurs et les commerçants du Marché de la gare attendent toujours les résultats de l'enquête menée au sujet du marché public par la Corporation de développement économique communautaire (CDEC) de Sherbrooke et Destination Sherbrooke. Les données préliminaires laissent toutefois entendre que les Sherbrookois croient en la pertinence de telles installations.
« Les questions ont été déterminées par la CDEC et la firme responsable de mener le sondage en fonction des orientations que nous leur avons données. Nous ne devions pas connaître les questions d'avance parce que nous avons été sondés nous aussi », explique le président de la Corporation du Marché de la gare, Jacques Blain.
L'enquête porte à la fois sur les producteurs à l'extérieur et les commerçants établis à l'intérieur. « Pour nous, c'est un tout. La population est sondée au hasard pour savoir combien nous connaissent et ce qu'ils proposent comme améliorations. Les résultats préliminaires montrent que les Sherbrookois veulent un marché public. Ce sera notre travail pendant l'hiver de voir comment satisfaire la clientèle davantage. »
Tous les commerçants ne croient pas en la volonté municipale d'assurer la pérennité du marché. « L'étude, je promets qu'elle finira dans le fond d'un tiroir du domaine Howard. La seule raison pour laquelle le marché ne fonctionne pas, c'est parce que Destination Sherbrooke sabote toute initiative des producteurs. Ils ne veulent pas du marché là où il est situé », commente Sébastien Meunier, copropriétaire du Saucissier William J. Walter.
M. Blain cherche à nuancer. « C'est un plus quand la Ville est participante. Un marché public va bien quand il y a implication des producteurs et des marchands, donc je vois que la solution passera par une grande participation de notre part. Les producteurs devront avoir une forme de pouvoir pour contrôler leur destinée. Quand on croit en un projet, il ne faut pas attendre les autres pour que ça avance, mais nous souhaitons une bonne collaboration de tous. »
À ce sujet, après des épisodes houleux avec Destination Sherbrooke, Jacques Blain avance que les rapports sont désormais plus cordiaux entre la Corporation et l'organisme paramunicipal. « Nous réapprenons à travailler ensemble. »
M. Blain rapporte par ailleurs que les producteurs ont été trop occupés pour songer à la possibilité d'une relocalisation.
Sévigny préfère attendre
Quant au maire Bernard Sévigny, il souhaite attendre les résultats du sondage avant de se prononcer sur l'avenir du Marché de la gare. « Je ne voudrais pas prendre les devants avant d'avoir les résultats. Il y a un appétit de la part d'une partie de la population pour consommer dans les marchés publics. Où devrait-il être et comment il devrait être organisé, ça reste matière à réflexion. Le Marché de la gare est un concept assez limité parce qu'il n'y a pas l'espace comme aux marchés Maisonneuve ou Jean-Talon... »
M. Sévigny prétend qu'il est sain de se remettre en question après sept ans d'existence. « Après sept huit ans, que ce soit un marché public ou les services municipaux, de se réinterroger pour voir si on fait les choses comme il faut, c'est tout à fait légitime. C'est le genre d'initiative que je salue. On le fait à l'interne et je m'attends à ce que les services paramunicipaux fassent la même chose. De façon assez régulière, on se remet en question. »
Jacques Blain croit lui aussi le moment bien choisi. « On pourra peut-être convaincre de façon définitive les partenaires avec lesquels on doit travailler pour faire un bon marché. »