Louise Chabot

Les services publics ont été oubliés dans cette campagne, déplorent les syndicats

C'est un hasard si le lancement de la tournée provinciale du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP) arrive durant la dernière semaine de la campagne électorale qui se terminera lundi prochain. Mais on trouve que le hasard fait quand même bien les choses au SISP.
«Cette tournée est planifiée depuis un an et c'était sans savoir que nous serions en campagne électorale au lancement», assure selon Louise Chabot, présidente de la CSQ et porte-parole du regroupement de syndicats de la fonction publique. «Ça ne changera pas notre message. En général, dans cette campagne, c'est rare que nous entendions parler du secteur public. Quand on en parle, c'est pour dire qu'il faut abolir des structures, couper des postes, rationaliser la fonction publique.»
«Il faudrait plutôt entendre dire, par exemple, qu'on doit investir en éducation pour créer une société plus forte. »
C'est à Lac-Mégantic que le SISP lancé lundi matin sa tournée d'information et de mobilisation qui mènera ses trois chefs syndicaux un peu partout au Québec au cours des prochaines semaines. Cette tournée vise à défendre les services publics, alors que se prépare la négociation des secteurs public et parapublic.
Les présidentes des trois organisations syndicales membres du SISP, soit la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), soutiennent que les services publics doivent continuer à jouer un rôle de premier plan dans le développement et le maintien de la qualité de vie de la population. Elles le rappelleront au cours de cette tournée de dix villes du Québec qui se tiendra sous le thème « Le printemps des services publics, ensemble allons plus loin! » jusqu'à la fin mai.
À quelques jours du scrutin provincial, le message s'impose selon Louise Chabot, présidente de la CSQ, Lucie Martineau, présidente générale du SFPQ, et Carolle Dubé, présidente de l'APTS.
Si la tournée du SISP débute à Lac-Mégantic, c'est que cette ville a pu compter sur une intervention rapide des femmes et des hommes qui oeuvrent dans les services publics, mentionne Mme Chabot. Ces derniers ont en effet joué un rôle prépondérant pour répondre aux besoins des sinistrés et veiller à la reconstruction en cours, note Mme Chabot. «La fonction publique a contribué à soutenir la population», dit-elle. Il faut voir le travail de la fonction publique comme un investissement.
Les chefs syndicaux ont noté que depuis la montée du discours économique faisant l'apologie du déficit zéro au milieu des années 90, les secteurs public et parapublic ont eu à composer avec d'énormes défis liés à l'accessibilité et à la qualité des services aux citoyens. Pourtant, le manque de ressources dans nos établissements de santé, nos écoles, nos ministères et organismes devient de plus en plus criant, alors qu'en parallèle les besoins augmentent, ajoute le SISP.
«Nous avons de plus en plus de difficulté à attirer des jeunes dans la fonction publique. C'est notre relève», mentionne Mme Chabot.
«Le marché de l'emploi a changé et la réalité n'est plus la même. Il y a beaucoup de temps partiel, des tâches plus lourdes. C'est plus long avant d'avoir un poste stable.»