Mark Vellend

Les saisons de vol des papillons modifiés

Les changements climatiques ont des effets sur la faune et la flore. Et ils ont également un impact sur les saisons de vol de bon nombre d'espèces de papillons, montre une étude à laquelle a participé le professeur Mark Vellend de l'Université de Sherbrooke.
La chercheuse principale de cette étude est Heather Kharouba, qui était alors doctorante à l'Université de Colombie-Britannique, et qui se trouve maintenant à l'Université de Californie, à Davis, pour un postdoctorat.
Les conclusions de cette étude, à laquelle a aussi participé l'Université d'Ottawa, ont été dévoilées cet automne dans Global Change Biology. M. Vellend était alors le superviseur de Mme Kharouba.
« C'est clair qu'il y a une corrélation pour la plupart des espèces. Plus il fait chaud, plus la saison de vol est tôt. »
Les chercheurs se sont intéressés à environ 200 espèces de papillons, en utilisant notamment les collections de musées. L'équipe a utilisé des données pour 48 000 spécimens sur plus de 100 ans à travers le Canada. Les chercheurs ont aussi utilisé des données climatiques. Ils voulaient voir quelle est la corrélation entre la température et les dates de saison de vol.
« C'est clair qu'il y a une corrélation pour la plupart des espèces. Plus il fait chaud, plus la saison de vol est tôt », observe M. Vellend, professeur agrégé au département de biologie de l'Université de Sherbrooke.
Les scientifiques ont notamment observé que les espèces de papillon qui ont une saison de vol plus hâtive sont plus fragiles. De plus, les espèces moins mobiles, qui volent moins, sont plus sensibles également.
Il y a du positif dans ces constatations, puisque cela peut montrer que les papillons s'adaptent.
L'étude démontre qu'il y a une réponse aux changements climatiques. « S'ils ne répondaient pas, ce serait encore plus inquiétant. »
Il n'en demeure pas moins que pour certaines espèces, il est possible que les changements observés aux saisons de vol représentent certains risques.
L'utilisation de ce type de données, que l'on retrouve dans des musées, représente une source d'informations importantes pour les chercheurs, mais elles sont peu utilisées jusqu'ici.
« On peut détecter les changements climatiques avec une base de données qui est disponible à peu près partout sur la Terre, mais qui est jusqu'à maintenant sous-exploitée », observe M. Vellend.
« On commence à découvrir l'utilité des anciens spécimens. Ce sont des données historiques. Un des thèmes de notre laboratoire est de trouver des données historiques que l'on peut utiliser. »
« On ne peut pas aller dans le passé pour faire des études dans le passé. On cherche toute l'information qu'on peut sur ce qui s'est produit », mentionne M. Vellend en faisant allusion à l'importance de conserver des données accumulées au fil du temps.