Les propriétaires des Serres St-Élie ne décolèrent pas

«Si je ne paye pas les tuyaux, il n'y aura pas de piste cyclable? C'est de ma faute? C'est d'un ridicule profond. J'attendais plus que ça de mon maire. On a remis à demain la décision qu'on aurait dû prendre aujourd'hui.»
<p>Jean Grégoire</p>
Jean Grégoire, copropriétaire des Serres et pépinière Saint-Élie se disait insulté des déclarations du maire Bernard Sévigny jeudi, à l'issue du point de presse dans lequel il annonçait une révision du projet de construction sur le boulevard Industriel.
Mélanie Grégoire, également copropriétaire, ne décolérait pas. «Ce que je déplore, c'est que nous avions une rencontre avec la Ville à 13 h 30 et qu'ils l'ont annulée. Nous sommes venus pour nous faire dire qu'on ne sait pas combien ça coûtera, mais que nous devrons payer. Nous n'avons même pas eu le droit de poser des questions et de discuter avec M. le maire. On nous dit qu'on enlèvera les pistes cyclables et l'odieux passera sur notre dos. La réalité, c'est que la Ville décide. Le dialogue n'est pas là. Est-ce possible que nous fassions partie de la solution? On dirait qu'on est passés de partenaires à ennemis. Les aménagements ne font pas augmenter la valeur de mon commerce, ça facilite l'entrée de la ville de Sherbrooke, donc selon moi, c'est à la Ville de Sherbrooke de payer.»
<p>Annie Godbout </p>
La conseillère Annie Godbout avait rarement eu autant de mal à contenir sa frustration. «Ce qui est présenté aujourd'hui, je pense que ça jette de l'huile sur le feu. Je suis fâchée. On est en train d'éliminer une piste cyclable et de faire passer ça sur le dos des commerçants. Je suis encore plus gênée. C'est la preuve qu'on est complètement tassés et moi je trouve ça inacceptable. La décision de revoir le projet comme on vient de le présenter : nous avons été zéro consultés. Après ça, ils ne veulent pas qu'on se mette en opposition. Nous avons été élus pour les citoyens et nous serons là pour les citoyens.
«Lundi passé, j'ai fait une montée de lait pour dire que nous étions mis devant les faits accomplis et je constate que nous le sommes encore aujourd'hui. J'ai le goût de demander une analyse pour voir s'il faut traiter cette situation de façon exceptionnelle.»
Son collègue Pierre Tardif partageait le même point de vue. «Si on avait pris autant de temps à regarder ce dossier-là qu'à regarder celui du train ou de la place Nikitotek, on n'en serait pas arrivés à des problèmes comme ça aujourd'hui. En tant que conseillers du secteur, nous n'avons pas été consultés nous non plus. Quand on nous a présenté le dossier, nous avions demandé qu'on informe les gens et c'est ce qui avait été décidé le 7 avril. Maintenant, on passe pour des gens qui ne s'occupent pas de leurs dossiers et ce n'est pas vrai.»
Jean Grégoire aurait préféré être l'objet de plus de considération. «Ils ont fait des études sur les couleuvres à l'arrière. S'ils se sont occupé des couleuvres, ils pourraient s'occuper des commerçants. Tout ce que j'ai compris, c'est que la Ville n'a pas eu le courage de nous affronter aujourd'hui et elle a remis ça à plus tard. Le rôle des hommes politiques, c'est de dialoguer avec nous, pas seulement de s'asseoir dans une tour d'ivoire et de prendre des décisions.»