Les producteurs de sirop frôlent la catastrophe

Après avoir connu une année record en 2013, bon nombre de producteurs de sirop d'érable des Cantons-de-l'Est redoutent celle qui est à leur porte, alors qu'ils ont vu une partie de leur érablière détruite par le récent verglas qui a frappé de plein fouet leur région.
Plusieurs acériculteurs ont confié à La Presse Canadienne avoir vu des dizaines, sinon plusieurs centaines, d'érables être abîmés par les intempéries de la fin décembre.
Selon eux, il n'y a aucun doute, l'impact se fera sentir sur la quantité de sirop d'érable produit cette année. Depuis une semaine, plusieurs producteurs des Cantons-de-l'Est arpentent leur érablière pour constater les dommages.
C'est le cas de Samuel Beauvais, membre d'une famille d'acériculteurs du secteur de Magog. Il soutient que des érables matures ont été déracinés et que de jeunes arbres sont prisonniers de la glace.
Il rapporte que lui et les autres producteurs de sirop d'érable sont engagés dans une course contre la montre pour remettre en place les tuyaux permettant de récupérer la précieuse eau d'érable avant le début de la saison des sucres.
Le verglas qui s'est abattu sur une large portion des Cantons-de-l'Est, tout juste avant Noël, aura sans aucun doute des conséquences à court terme, mais aussi pendant plusieurs années, disent plusieurs acériculteurs.
« C'est la catastrophe. Environ 25 pour cent de mes arbres sont touchés. On a perdu énormément de jeunes érables, donc la relève n'est tout simplement plus là. Ce n'est vraiment pas beau à voir », a confié avec découragement Sébastien Fortin, acériculteur de Cookshire.
Même désespoir dans la voix de Lucas Bolduc, qui possède aussi une érablière dans la municipalité. « Nous avons perdu notre avenir. Tous mes jeunes érables sont pris dans la glace et vont probablement mourir. Pour les arbres plus vieux, j'en ai au moins 300 ou 400 qui sont morts. Et pour ceux qui restent, je ne pourrai probablement pas tous les entailler, si je veux qu'ils survivent. Notre production sera coupée à long terme », s'est-il attristé.
Dans les circonstances, il compte s'informer sur les programmes en place pour aider les producteurs agricoles qui subissent les aléas de dame Nature.
Toutes les érablières n'ont pas été touchées de la même façon. En fait, plusieurs acériculteurs rapportent même n'avoir aucun dommage.
François Bourassa, président de l'UPA en Estrie, estime toutefois que les conséquences du verglas de 2013 sont à mille lieues de celles de 1998.