Le meurtre de Rachelle Wrathmall a eu lieu en juin 2007.

Les proches de Rachelle Wrathmall croient avoir retracé un témoin important

Les proches de Rachelle Wrathmall trouvée morte en juin 2007 dans sa résidence de Lennoxville croient avoir retracé un témoin important de cette affaire. Au cours des derniers jours, des amis d'enfance de la victime affirment avoir retrouvé sur des sites des médias de la République de Guinée la trace de Rafiou Sow, l'ex-mari de la Sherbrookoise assassinée il y a bientôt sept ans.
<p>Paraskévi Mazarakiotis, une amie d'enfance de Rachelle Wrathmall, exhibe des photos de l'exmari de la victime, Alpha Oumar Raphiou Sow.</p>
 Les proches de la victime croient qu'un politicien qui porte le même nom que l'ancien mari de la victime et qui milite pour la défense du droit des femmes est ce témoin important qui détient des informations importantes sur le meurtre de la jeune femme tuée à l'arme blanche le 29 juin 2007 sur la rue Downs à Lennoxville. «Des personnes qui l'ont côtoyé ici et en Guinée font aussi le lien entre l'ancien mari de Rachelle et le politicien. Nous avons contacté les enquêteurs au dossier afin qu'ils réactivent le dossier. On se sent impuissant de voir que nous pouvons rien faire pour  en savoir davantage», explique une amie d'enfance de la victime, Paraskévi Mazarakiotis. «La façon d'écrire son nom diffère, mais ça demeure que nous sommes plusieurs personnes à le reconnaître. Il faudrait que nos lois changent afin que nos autorités puissent résoudre le meurtre de Rachelle. C'est ironique de constater que cet homme milite pour la défense du droit des femmes», ajoute une autre amie, Chantal Morin. La Sûreté du Québec confirme que Alpha Oumar Raphiou Sow est toujours considéré comme un témoin important pour le meurtre de Rachelle Wrathmall. Le corps de police ne veut pas associer le jeune politicien guinéen qui préside le Parti pour le renouveau et le progrès au témoin important que les enquêteurs souhaitent rencontrer depuis juillet 2007. «Nous ne parlons pas de suspect, mais de témoin important. Aucun mandat d'arrestation n'a été autorisé contre lui», précise le porte-parole de la Sûreté du Québec en Estrie, Hugo Fournier. Les enquêteurs des crimes majeurs de la SQ savent depuis plusieurs années que Alpha Oumar Raphiou Sow pourrait se trouver en République de Guinée. «Il n'y a pas de prescription pour les affaires de meurtre au Canada. Le dossier est toujours ouvert. Nous n'avons aucune confirmation que l'individu est le témoin important que nous recherchons», explique la porte-parole de la SQ en Estrie, Aurélie Guindon. Ce qui complexifie l'affaire, c'est que la République de Guinée ne fait pas partie des 51 signataires des traités bilatéraux avec le Canada. «Premièrement, l'autorité compétente (c'est-à-dire le procureur général du Canada ou le procureur général de la province responsable de la poursuite du dossier) doit présenter une demande au ministre de la Justice. À la demande de l'autorité compétente, les responsables du Groupe d'entraide internationale (GEI) agissant au nom du ministre examinent la demande pour  déterminer s'il y a lieu de la présenter.  Le GEI peut présenter une demande à un État étranger ou à une entité afin d'obtenir l'extradition d'une personne en vue d'engager contre elle des poursuites pour une infraction à l'égard de laquelle le Canada a compétence ou pour lui infliger une peine ou forcer l'exécution d'une peine prononcée au Canada.  Au besoin, le GEI peut demander à l'État étranger de procéder à l'arrestation provisoire d'une personne. Par la suite, l'État étranger applique sa propre procédure en réponse à la demande.  Les fonctionnaires canadiens seront informés de l'évolution de la procédure», explique le courriel Justice Canada en réponse à la demande d'entrevue. Le professeur de droit pénal à l'Université de Sherbrooke Simon Roy explique que les policiers canadiens n'ont aucun pouvoir à l'étranger et que les traités bilatéraux ne font que faciliter les choses. «Les enquêteurs d'ici n'ont pas le droit d'aller interroger un individu à l'étranger. Même sans traité entre les pays, ça ne veut pas dire qu'il ne peut y avoir d'entente pour extrader une personne au cas par cas. Cependant, ça devient une question de négociations politiques entre les pays où il accepte d'extrader son citoyen pour qu'il subisse son procès ici. Il faut aussi être certain de retrouver facilement cette personne», indique Simon Roy. Rachelle Wrathmall était mariée à un homme d'origine guinéenne depuis août 2006. La Sherbookoise le parrainait afin qu'il obtienne sa citoyenneté canadienne. Le véhicule de Oumar Alpha Raphiou Sow a été découvert à proximité de l'aéroport Pierre-Éliott-Trudeau de Montréal quelques heures après la découverte du corps de Rachelle Wrathmall. Toute information qui pourrait permettre de résoudre cette affaire peut être communiquée à la centrale d'information criminelle de la SQ au 1-800-659-4264.