Les pompiers font une place aux bâtisseurs

Rapprocher les pompiers actifs des pompiers retraités. Voilà le défi que s'est lancé l'Association des pompiers et pompières de Sherbrooke.
Au début décembre, une quinzaine de pompiers retraités ont ainsi participé à la première activité liée à cette initiative. Ils ont fait la tournée des casernes et rencontré ceux à qui ils ont pavé la voie.
«Nous avons remis une chemise à notre cinquantaine de retraités. Nous les invitions à la porter lors d'activités publiques afin que les pompiers actifs qui ne les connaissent pas puissent aller vers eux. Nous invitons aussi nos retraités à venir nous voir dans les casernes. Cette chemise permet de créer un lien», explique le président de l'Association des pompiers et pompières de Sherbrooke, Simon Gilbert.
Proximité
M. Gilbert assure que cette initiative n'a pas pour objectif de servir de béquille pour la transition vers la retraite, mais bien de maintenir un lien entre les pompiers.
«Le métier de pompier suggère une forte proximité et le détachement ne se fait pas toujours facilement. L'une des raisons pourquoi les pompiers ont la force de faire face à des situations catastrophiques est entre autres cet effet de groupe qui nous unit. Je souhaite que les jeunes pompiers fassent les premiers pas pour aller vers ces pompiers retraités», avance Simon Gilbert, qui a mis cette idée en place en compagnie du pompier Pascal Pinard.
«Je suis très content de cette initiative. Dans mon temps, une telle rencontre entre les retraités et les pompiers en fonction n'existait pas. Nous ne connaissons pas les jeunes pompiers, alors c'est une belle façon de nous mettre en contact», explique Marcel Vachon qui a occupé les fonctions de pompier jusqu'à devenir capitaine lors de sa carrière de 1965 à 1998.
Simon Gilbert rappelle que plus de la moitié des effectifs du SPIS est âgée de moins de 35 ans.
«La direction du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke collabore avec nous dans cette initiative. Les retraités sont autant des cadres que des pompiers syndiqués. Nous ne faisons aucune distinction. Juste à écouter ces pompiers retraités lors de notre activité en décembre, j'ai découvert l'histoire de bien des coins de la ville où des événements sont survenus au fil des ans», mentionne Simon Gilbert.
Ce dernier souhaite que cette initiative sherbrookoise puisse être reprise ailleurs au Québec. «Nous avons développé une approche lors des funérailles des pompiers où nous faisons une haie d'honneur. Nous voulons que cette reconnaissance du passé ne se traduise pas seulement au salon funéraire, mais bien tout au long de la retraite. Je considère important de ne pas oublier ces bâtisseurs», indique Simon Gilbert du SPIS.