Les noix du Québec disponibles en Estrie

Depuis janvier, Un Monde de Noix offre une nouvelle catégorie de produits, soit les noix du Québec. Les noix de noyer noir, noix de noyer cendré, noix de coeur, et les noix de hickory s'ajoutent ainsi à la cinquantaine d'autres variétés de noix importées de la Californie, du Brésil, de Grenoble ou d'Iran.
«Peu de gens savent que plusieurs variétés de noix peuvent pousser et être récoltées localement. La plupart des gens sont très étonnés lorsque je leur en parle et sont véritablement curieux d'en apprendre davantage. L'intérêt est vraiment présent, j'ai d'ailleurs écoulé ma première livraison de noix du Québec en peu de temps», explique la propriétaire de la boutique spécialisée, Danièle Lalonde.
Un Monde de Noix est le seul commerce en Estrie à vendre des noix du Québec.
«Il y a très peu d'endroits dans la province où il est possible de s'en procurer et ceux-ci sont presque tous situés dans la région de Québec parce que mon fournisseur est de cette région», révèle Mme Lalonde précisant que la noix québécoise a un goût plus concentré que celles qui sont importées.
Bien qu'il y ait des arbres à noix depuis toujours au Québec, il n'y en a pas en grande quantité, ce qui limite la production. «Les arbres à noix existent depuis toujours. Jacques Cartier a d'ailleurs baptisé L'Isle-aux-Coudres ainsi parce que l'île était couverte de coudriers dont la noix est le coudre. Mais avec la colonisation, il y a eu énormément de déforestation dans le sud du Québec, puis il y a eu des maladies et des insectes, ce qui a fait chuter le nombre de noisetiers», raconte la propriétaire du Monde de Noix qui célébrera sa première année d'existence en mai.
Un autre frein à la commercialisation des noix du Québec est la méthode de production. «Au Québec, tout est encore fait de façon artisanale, à la main. Que ce soit le séchage, l'écalage, le craquage. Au contraire, les noix importées sont produites mécaniquement, à l'aide de grosses machines», souligne Mme Lalonde.
La méthode de production a aussi comme conséquence de tirer vers le haut les prix de vente. «Les noix du Québec se vendent pratiquement le double du prix des noix importées. Les gens en achètent donc en plus petite quantité et les voient comme un produit de luxe», mentionne la propriétaire ajoutant que les noix du Québec représentent , pour le moment, 10 pour cent de sa marchandise. Une marchandise qui est tenue à une température et un taux d'humidité optimum.
Une autre particularité des noix du Québec est qu'elles sont très difficiles à ouvrir, ce qui complique la commercialisation de masse.
«Mon fournisseur a d'ailleurs collaboré avec le Cégep de Sherbrooke pour la conception d'un outil adapté au craquage des noix du Québec. Le projet est présentement sur la glace, à cause de notions budgétaires, mais il pourrait être remis en branle prochainement», lance Mme Lalonde qui a plein de projets pour sa boutique, notamment le développement de produits maison tel que les barres de noix.