La quasi-totalité des hôteliers sherbrookois utilisent les services d'intermédiaires tels Expedia ouBooking.com et y voient un moteur important pour leurs affaires.

Les hôteliers ne peuvent se passer des services de réservations

Les services d'intermédiaires pour réserver des nuitées dans les hôtels, comme les sites internet Expedia ou Booking.com, sont utilisés par la quasi-totalité des hôteliers sherbrookois, qui y voient pour la plupart un moteur important à leurs affaires.
«La commission que se prend l'intermédiaire est quand même importante, au minimum 15 à 20 %, mais d'un autre côté, au niveau marketing, ça nous épargne des frais de publicité», observe Sylvain Beauséjour, copropriétaire du bed & breakfast Marquis de Montcalm. «Si tu ne fais pas partie de ces sites, tu manques une grosse part du gâteau.»
Un reportage paru hier dans Le Soleil faisait état de l'exaspération de certains hôteliers qui jugent les commissions exagérées et qui déplorent les conditions exigées par les intermédiaires, notamment l'obligation de laisser un certain nombre de chambres disponibles et de ne jamais offrir sur leur propre site un prix inférieur à celui consenti aux agences de réservation.
Les établissements sherbrookois interrogés par La Tribune confirmaient qu'ils étaient presque obligés de faire affaire avec les intermédiaires tellement leur portée est importante. «Quelqu'un qui fait pas affaire avec eux va probablement voir diminuer son taux d'occupation. Plus ça va, plus ça génère de l'occupation. J'ai observé beaucoup d'augmentation de références de Booking.com et d'Expedia... Oui ça nous coûte cher en ristournes, mais est-ce qu'on aurait eu ces clients si on n'était pas avec eux?» s'interroge la directrice générale de l'hôtel-motel Le Floral, Mélissa Patry.
Une dizaine de clients par semaine arrivent au Comfort Inn par ces sites intermédiaires. «J'ai remarqué une croissance dans les dernières semaines. Je ne sais pas si ça a rapport aux vacances, mais l'augmentation est assez rapide», dit la directrice adjointe Carina Julie Brenneman.
«Ça nous donne une bonne présence sur internet. Les gens quand ils vont booker d'Europe, ils vont aller sur Booking.com ou sur Expedia, pas sur notre site directement», dit pour sa part le directeur du Quality Hotel & Suites, Amin Louahadj.
Hébergement illégal
Un type de site semble faire plus de mécontents, surtout chez les plus petits joueurs : ceux de location entre particuliers, comme Airbnb, où l'on peut mettre sa chambre d'invités ou même son appartement à louer. À Sherbrooke, on peut trouver sur Airbnb 59 endroits où dormir, parfois pour aussi peu que 35 $ par nuit pour une chambre privée dans un appartement.
Sylvain Beauséjour, du bed & breakfast Marquis de Montcalm, a déjà déposé plusieurs plaintes au ministère du Tourisme puisque les personnes qui dispensent de l'hébergement sur ce site ne disposent pas des attestations légales pour ce faire. «Si vous allez dormir chez monsieur ou madame Tout-le-monde, c'est de l'hébergement illégal et vous n'avez aucune protection. Les sites comme Airbnb, les gens en font l'essai comme ils le feraient avec un nouveau resto, pour se rendre compte qu'on paie moins, mais qu'on a moins de qualité», estime-t-il.
Ces sites sont aussi une compétition importante pour l'auberge de jeunesse Écobeat. «C'est sûr que ça nous fait beaucoup mal, surtout que nous le tourisme pas cher, c'est nos concurrents directs. Les petits hôtels et auberges de jeunesse souffrent beaucoup d'Airbnb et du couchsurfing», affirme Sami Gamoudi.
Plusieurs autres hôtels et établissements d'hébergement contactés par La Tribune n'ont pas retourné nos appels lundi.