L'enquêteur Benoît Roberge vend sa maison de St-Denis

Condamné à huit ans de prison en avril dernier, l'ancien enquêteur de police Benoît Roberge possède un pied-à-terre plus que convenable en Estrie. Mais sans doute plus pour longtemps, car la résidence dont il est copropriétaire à Saint-Denis-de-Brompton pourrait être vendue bientôt.
L'affaire Benoît Roberge, un ex-enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal, a retenu l'attention de toute la province il y a quelques mois à peine. Il a finalement plaidé coupable d'avoir fourni des informations au crime organisé, une opération qui lui a permis d'empocher au moins 125 000 $.
La maison que l'ex-enquêteur et l'avocate Nancy Potvin, ancienne copropriétaire et mandataire, essaient de vendre est située au 1015 de la rue du Parc à Saint-Denis-de-Brompton, à proximité du lac Brompton.
Les vendeurs souhaitent obtenir la somme de 285 000 $, soit plus de 4000 $ sous l'évaluation municipale. D'après les informations recueillies, le prix de vente avait à l'origine été fixé à 309 000 $, mais il a été révisé à deux reprises récemment.
D'une superficie de 105 mètres carrés, la résidence compte deux chambres à coucher ainsi qu'un garage. Bois et briques constituent le revêtement extérieur. La propriété s'étend sur 1,5 acre. Le terrain est boisé.
Deux agences immobilières, Royal Lepage évolution ainsi que RE/MAX platine, ont été chargées conjointement de la vente de la propriété. La Tribune a tenté de contacter les courtiers impliqués, mais sans succès.
Une promesse d'achat aurait été soumise aux vendeurs durant les derniers jours. L'acte de vente n'a pas encore été publié, mais il est probable qu'on procède à sa publication à très court terme.
Pour acheter sa demeure, l'ancien enquêteur avait obtenu en 2010 un prêt hypothécaire de la part de l'Association de bienfaisance et de retraite des policiers et policières de la Ville de Montréal. Le remboursement de ce prêt n'est pas terminé.
Notons que l'Association de bienfaisance et de retraite des policiers de la Ville de Montréal a également prêté de l'argent à Benoît Roberge et Nancy Potvin quand ils ont acquis leur maison à Boucherville en 2007. La valeur de cette autre demeure dépasse les 350 000 $.
Pas de blocage
Malgré l'importance des sommes touchées par Benoît Roberge grâce à sa collaboration avec le crime organisé, le Directeur des poursuites criminelles et pénales n'a pas bloqué la vente ni confisqué l'immeuble.
«Avant d'agir, il faut d'abord que les policiers établissent clairement que l'argent utilisé pour l'achat vient du crime», fait valoir Claire Lessard, procureure en chef adjointe au Bureau de lutte aux produits de la criminalité.
Il importe d'ailleurs de souligner que les policiers ont retrouvé une partie de l'argent amassé par Roberge en refilant des informations au crime organisé. Ils ont trouvé au total 115 000 $.
Rappelons en terminant que, peu après l'arrestation de l'ex-enquêteur, la conjointe de ce dernier avait été relevée de ses fonctions de procureure au Bureau de lutte au crime organisé (BLACO). On avait présenté la mesure comme étant de nature préventive. Mme Potvin a depuis recommencé à oeuvrer à titre de procureure, mais a quitté le BLACO.