Louise Champagne

L'éducatrice aurait mis la tête des enfants dans les toilettes

Le procès de Louise Champagne, cette éducatrice en garderie accusée de voies de fait sur deux des enfants dont elle avait la garde, s'est amorcé, lundi matin, avec l'audition des premiers témoins, dont l'une des présumées victimes (que l'on ne peut nommer étant donné son âge).
« Loulou, elle m'a mis la tête dans la toilette à cause que j'étais bébé. J'ai fait caca dans ma couche, mais j'étais encore un bébé. Elle m'a fait des bobos, elle m'a tiré le bras, elle m'a tiré la jambe, j'ai pleuré », a-t-elle indiqué lors d'un interrogatoire vidéo présenté au Palais de justice de Drummondville.
«Elle m'a fait des bobos, elle m'a tiré le bras, elle m'a tiré la jambe, j'ai pleuré. »
La mère de la présumée victime est venue expliquer dans quelle circonstance son enfant en est venue à de tels aveux. Lors d'une soirée entre amis, le père d'une autre présumée victime l'a informé de possibles sévices infligés à la garderie de Louise Champagne. Lorsqu'elle a confronté son enfant avec ces faits, elle a eu droit à des larmes.
« Il m'a dit que son garçon avait eu des marques au cou et qu'on lui avait mis la tête dans la toilette. J'ai demandé à ma fille si ça lui était arrivé et elle s'est mise à pleurer. Elle m'a répondu que oui », a-t-elle dit.
Si la mère de famille est allée aussi rapidement aux sources, c'est qu'elle disait avoir des soupçons depuis un certain temps. Son enfant ne réagissait plus de la même façon qu'auparavant et elle en cherchait la cause.
« J'ai noté un changement dans le comportement de ma fille durant ses derniers mois à la garderie. Normalement elle était enjouée, mais elle était devenue plus agressive. Elle avait aussi et a encore de la difficulté avec ses selles. Elle se cache pour les faire, elle a peur qu'on la chicane », a-t-elle renchéri.
L'avocat de l'accusée, Me Olivier Milot, entend contester la validité de l'interrogatoire vidéo présenté devant la juge Claire Desgens. Selon lui, le fait qu'il ait été réalisé en septembre 2011, alors que les faits reprochés remontent à 2009, constitue un important problème.
Le criminaliste a également annoncé qu'il fera entendre une experte en psychologie de l'enfance afin de convaincre le Tribunal de l'innocence de sa cliente. Initialement prévu pour deux jours, le procès pourrait se prolonger d'une journée ou deux.