Daniel Richer, directeur d'Hydro-Sherbrooke et Gaetan Drouin, coordonnateur aux mesures d'urgence.

Le verglas des Fêtes coûtera 2,1 M$ aux Sherbrookois

La crise provoquée par les accumulations d'environ 25 millimètres de verglas entre les 22 et 29 décembre a mis à rude épreuve les services d'urgence de la Ville de Sherbrooke. L'Organisation municipale de la sécurité civile a déposé son bilan, lundi, de cet événement qui a entraîné des pannes d'électricité touchant plus de 33 000 abonnés en Estrie.
Pour le directeur d'Hydro-Sherbrooke Daniel Richer, c'était « comme si un pyromane s'était promené sur le territoire de Sherbrooke sans qu'on puisse l'arrêter. Nous avons reçu entre 10 000 et 11 000 appels dans les premières journées en période des Fêtes. C'est la pire crise que nous avons connue chez nous. Même nos plus vieux monteurs de lignes n'avaient jamais vu ça. » Hydro-Sherbrooke s'est d'abord attaqué aux « blocs de charge », ces secteurs qui desservent les endroits publics et les grandes artères. « Nous pouvions ainsi rebrancher des centaines de clients en même temps. »
Pour M. Richer, le verglas « est le pire ennemi du réseau aérien et il y aura des réflexions plus intenses à y avoir sur la cohabitation du réseau aérien et des secteurs boisés ». Loin de recommander l'enfouissement de l'ensemble du réseau, une option beaucoup trop coûteuse selon lui, Daniel Richer estime que les citoyens doivent collaborer en assurant l'entretien des arbres qui ne se trouvent pas dans les emprises électriques, mais qui risquent de toucher les fils.
« Tant qu'il y aura des réseaux aériens, nous aurons toujours la même problématique. Nous investissons environ 1 M$ annuellement pour faire la maîtrise de la végétation... » Jusqu'à maintenant, les coûts engagés par la Ville de Sherbrooke en lien avec cette crise s'élèvent à 1 567 505 $. On évalue les dépenses encore nécessaires, notamment pour le nettoyage, à 600 000 $.
533 appels d'urgence
Le coordonnateur aux mesures d'urgence Gaétan Drouin a quant à lui dressé un bilan positif des interventions de décembre. Ce sont 533 appels d'urgence qui ont été recensés entre le 22 et le 29 décembre au Service de protection contre les incendies, dont sept pour des incendies de structure, une situation hors du commun, selon M. Gaétan Drouin, qui estime recevoir en temps normal 5000 appels par année en moyenne. « Perdre une caserne a demandé à nos collègues de se retourner rapidement pour continuer à offrir un service aux citoyens. »
M. Drouin a entre autres loué le système de communication mis en place, notamment sur les médias sociaux, où plus de 5500 citoyens ont eu réponse à leurs questions de façon presque instantanée. Trois lignes citoyennes avaient par ailleurs été mises en place et onze communiqués de presse ont été publiés.
« Une des questions que nous recevions était de savoir à quelle heure les résidants seraient rebranchés. Nous ne pouvions malheureusement pas le prévoir. L'instauration d'un service 311 serait un gros avantage qui pourrait permettre de désengorger le service 911 en distinguant les deux numéros de téléphone... » 
Prévoir une trousse
Gaétan Drouin en a profité pour rappeler que la population doit prévoir une trousse qui lui permettrait de subvenir à ses besoins pendant les 72 premières heures d'une crise. « Ayez en main une radio à piles. La ligne téléphonique est aussi un élément de sécurité. Il faut donc se munir d'un bloc piles pour recharger son téléphone cellulaire... »
Le conseiller Jean-François Rouleau aurait quant à lui souhaité que les élus puissent participer aux réflexions au moment de l'élaboration du bilan. « J'ai parlé à M. Richer de peine et de misère pendant la crise. Ça n'a pas de sens de ne pas avoir un contact privilégié avec le directeur d'Hydro-Sherbrooke pour ensuite pouvoir répondre aux citoyens. » Vincent Boutin abondait dans le même sens en matière de communication.
M. Rouleau a aussi souhaité que le conseil municipal accorde des budgets pour les activités d'élagage jugées nécessaires par Hydro-Sherbrooke. Christine Ouellet a quant à elle proposé une réflexion sur la gestion de la plantation et de l'élagage des arbres.