Le temps supplémentaire coûte cher au CHUS

Le temps supplémentaire payé aux employés du CHUS constitue une des sources de pression sur le budget de l'institution. Une situation indépendante de la volonté de la direction, qui fait des pieds et des mains pour recruter des professionnels.
«Une unité de soins de 29 lits est fermée depuis plus d'un an. Sa réouverture n'est pas prévue pour l'automne pour une raison de ressources humaines. Il n'y a pas assez d'infirmières. Le coût du temps supplémentaire dans l'organisation est très élevé. Si on avait des travailleurs qui travaillaient à des taux réguliers, les impacts financiers ne seraient pas les mêmes», explique le directeur général du CHUS Stéphane Tremblay.
«Pour certains titres professionnels comme les infirmières, notre taux de rétention à deux ans est trop faible, ce qui nous amène à recruter énormément. Nous sommes constamment en formation et nous n'avons pas de gains à moyen terme. Nous travaillons pour améliorer ce taux, qui était situé sous les 70 %. Donc nous perdions presque 4 infirmières sur 10 après deux ans. Nous étions un des établissements qui avaient le plus de difficulté au Québec.»
Le Dr Tremblay tente quelques explications. «La charge de travail est très grande sur les unités de soin. Le temps supplémentaire est plus important que dans la moyenne des établissements au Québec. Nous sommes dans un centre universitaire. Ça demande beaucoup. Et il y a des opportunités dans le réseau. Les gens ont le choix, donc il faut vraiment que le CHUS soit un employeur de choix et il faut améliorer la qualité de vie au travail pour que les employés restent ici.»
Le CHUS n'offre-t-il pas des conditions concurrentielles? «Peut-être qu'on le vit plus difficilement parce que notre besoin de recrutement est plus important que d'autres hôpitaux du Québec. Nous connaissons une vague de départs importante. Les gens engagés dans les premières années du CHUS sont proche de la retraite. Nous nous devons de nous adapter et c'est ce que le plan de rétention-attraction est en train de faire. Les premiers indices nous disent que ça fonctionne et que notre taux de rétention est plus adéquat cette année qu'il ne l'était l'an passé.»
Le président du syndicat interprofessionnel de la santé du CHUS, Guillaume Carrette, ne s'inquiète pas du manque à gagner dans le budget 2014-2015 mais peut témoigner des besoins accrus de personnel. «Sur les gros projets, le syndicat mettait déjà les freins parce que la charge de travail est déjà importante. Quant aux heures supplémentaires, elles sont obligatoires, donc il y a épuisement des ressources. C'est sans compter que la porte d'entrée réside dans un poste à temps plein de soir ou de nuit.»
M. Carrette ajoute que le CHUS est un des endroits où le nombre de patients est le plus élevé pour chaque infirmière. Il précise qu'une entente avec l'Université de Montpellier, en France, vise à attirer des infirmières supplémentaires.
Les besoins sont importants pour les infirmières, infirmières auxiliaires, préposés aux bénéficiaires et réceptionnistes d'unité.
En termes de médecins, la majorité des spécialités sont bien pourvues. «Il y a quelques spécialités où les besoins sont importants, notamment la pathologie. Mais c'est une situation identique pour tout le Québec. C'est une denrée rare. Même chose pour l'anesthésiologie», explique Stéphane Tremblay.
Pendant que les besoins en dermatologie sont en voie d'être réglés, ceux en oncologie sont finalement comblés. «On a eu de grandes difficultés au cours des cinq dernières années en oncologie, mais depuis la dernière année, le recrutement va très bien. Nous sommes dans les délais d'accès pour la première fois depuis des années pour l'accès à un médecin pour ceux qui ont un cancer.»