Le voyage dans le temps proposé dans le film L'armée des 12 singes permet d'apprécier le duo d'acteurs formé de Bruce Willis et Brad Pitt.

Le temps et rien d'autre

Le concept du voyage dans le temps est un fantasme récurrent dans l'art moderne. HG Wells fut un précurseur dans le genre, en littérature, avec La machine à remonter le temps (1895). Plus récemment, Stephen King a signé un passionnant roman sur le même thème, 21/11/63, une uchronie sur l'assassinat de John F. Kennedy. La fascination des créateurs sur le sujet est sans limite et témoigne d'une certaine obsession du genre humain pour la vie qui passe sans s'arrêter ni reprendre son souffle.
Au cinéma, on ne compte plus les oeuvres portant sur le voyage dans le temps. Le jour de la marmotte (1993) avec Bill Murray, Les visiteurs (1993) de Jean-Marie Poiré ou encore le terrifiant Terminator (1984) de James Cameron sont des références dans le genre. Et on ne parle même pas de la trilogie du Retour vers le futur... (85-89-90).Un classique du voyage dans le temps demeure L'armée des 12 singes (1995), du brillant réalisateur Terry Gilliam. Celui qui a signé Brazil, Le roi pêcheur et Les aventures du baron de Münchhausen, propose avec 12 singes un récit éclaté où cinq milliards d'humains trouvent la mort à cause d'un virus mortel qui s'est propagé en 1996. Des années plus tard, en 2035, des scientifiques envoient James Cole (Bruce Willis) dans le passé afin qu'il recueille de l'information sur l'origine de la pandémie. On pense pouvoir ainsi agir à temps pour trouver une cure et éviter que la planète ne soit décimée. Or, on ne modifie pas le passé si facilement. Les embûches seront nombreuses pour Cole qui se fera prendre pour un fou par toutes les personnes qui croiseront son chemin.
Ce film, qui a connu un succès critique et commercial, est une fable sur la démence et la fatalité. La qualité de la réalisation, du scénario et du jeu des acteurs (Willis n'en fait pas trop, et c'est très bien ainsi), font en sorte que 12 singes se distingue des autres productions du même genre. La nostalgie qui s'en dégage est palpable et nous fait comprendre que l'avancée du temps est à la fois inéluctable et irréversible. Carpe diem, comme dirait l'autre.