Pierre Avard

Le syndicaliste Pierre Avard tire sa révérence après 39 ans à Postes Canada

Après 39 ans à Postes Canada, dont 33 à titre de président du syndicat local, Pierre Avard tire sa révérence. Dans une note syndicale diffusée à l'interne, le leader syndical indique s'être ainsi offert un « cadeau de Noël ».
« Tout au long de ces années, j'ai toujours aimé mon travail, que ce soit en tant que commis pendant une quinzaine d'années et depuis 1990, comme facteur jusqu'à ce jour. »
Durant sa carrière, Pierre Avard a été témoin des nombreux changements qui ont marqué ce qui était à l'époque le ministère des Postes, devenu Postes Canada en 1981.
Aux avant-postes dans chacune des luttes que le Syndicat des postes a menées depuis 33 ans, Pierre Avard est monté à nouveau au créneau au cours de la dernière année afin de dénoncer la décision de Postes Canada de mettre fin à la livraison du courrier à domicile.
Selon lui, cette annonce a toujours constitué un prétexte afin de faire croire à la population que Postes Canada était au bord du gouffre. « C'est vraiment trop simple comme explication, déplore-t-il. En affaires, quand on possède un réseau comme celui des Postes, on a le choix de diversifier nos opérations : les services bancaires et la livraison de colis sont de bonnes avenues », a-t-il cité en exemple à plusieurs reprises.
Selon lui, les véritables motifs se trouvent dans l'intention du gouvernement conservateur de vendre Postes Canada à l'entreprise privée.
« En achetant de nouveaux équipements, ils ont beau jeu de dire que les opérations ne sont plus rentables et qu'il faut vendre à rabais », indique-t-il.
Militant
S'adressant à ses membres, Pierre Avard dit avoir eu « l'honneur de (les) représenter pendant plus de 33 années ».
« Je suis très fier de la confiance que vous m'avez accordée. Il est maintenant temps pour moi de tourner la page. C'est pourquoi je m'offre un cadeau de Noël, c'est-à-dire la retraite », a-t-il déclaré.
Pierre Avard n'entend toutefois pas demeurer inactif pour autant. En plus d'aider la nouvelle présidente Fanny Roy-Binette à assumer ses nouvelles fonctions, il entend faire partie du mouvement d'opposition qui se dessine en vue des élections fédérales d'octobre 2015.
« J'entends bien militer pour faire en sorte de se débarrasser des conservateurs », précise-t-il.