Massés dans un étau d'édifices, les centaines de personnes présentes vendredi se sont laissées emporter par la musique à saveur africaine de Tiken Jah Fakoly.

Le Sherblues & Folk exprime sa polyvalence

X, Y, baby-boomers et même la génération silencieuse, tous dansaient au rythme des chansons reggae du groupe de Tiken Jah Fakoly vendredi sur le pavé de la Wellington Sud.
Plus ardu d'avancer jusqu'à la scène - effet du vendredi soir. Massées dans un étau d'édifices, les centaines de personnes présentes se sont laissées emporter par la musique à saveur africaine.
À l'image de la rue, la scène était bondée. Guitaristes, batteurs et chanteurs se partageaient l'espace pour livrer une performance à la fois vivante et engagée.
«Vous pouvez venir nous visiter quand vous voulez en Afrique, mais quand nous on veut venir ici, il faut remplir des documents, des visas», a tenu à dire Doumbia Moussa Fakoly, originaire du Denguélé.
Dans la foule, on a applaudi ces paroles, conscientisé à la cause par l'expulsion de Sarah Maggali Namoutiri la semaine dernière.
Au fil des chansons, la gêne tombait. Les mouvements de danse des spectateurs se décrispaient et on se permettait de chanter avec Tiken Jah Fakoly, et ce, jusqu'à la rue King. Les temps morts se remplissaient de «Wow» ou de «C'est vraiment bon», synonymes d'un public conquis.
Homogénéiser l'hétérogène
En ce troisième jour de festivités, l'organisation du Sherblues & Folk peut se vanter une fois de plus d'attirer une foule hétéroclite alors que les enfants se mêlaient aux personnes plus âgées.
«On devrait venir plus souvent, pointe Lisette Morin, qui s'est déjà retrouvée dans la foule du Sherblues par le passé. On en entend parler oui, mais avec tous les autres festivals en région, la Fête du Lac, la Traversée du lac Memphrémagog, c'est difficile de s'y retrouver, mais on ne s'en plaint pas. On est chanceux d'avoir autant de bons artistes qui viennent nous visiter en région.»
«C'est un événement qui est très accessible, qui réunit plusieurs genres musicaux, le rock, le blues, le folk, etc. C'est autant pour les jeunes que pour les plus vieux», ajoute Nancy. Elle travaille sur la Wellington; toute la journée, la scène la narguait, elle n'a donc pas pu résister au concert du soir.
«Ce soir c'est plus reggae, ça sort un peu du cadre du festival, mais les gens apprécient je crois», souligne Christian Tardif, venu en compagnie de son fils Élie-Pierre, 6 ans et d'un ami de Magog qui a migré de la rue Principale à la Wellington pour assister pour la première fois à un spectacle du Sherblues.
Sous le coup de 23 heures, la majorité de la foule s'est dispersée dans les nombreux bars du centre-ville, dont la Petite Boîte Noire et le Boquébière, pour continuer de danser au son des autres artistes de la programmation.