Le maire Bernard Sévigny et le directeur de l'arrondissement de Fleurimont Marc Mongeau ont écouté les questions et commentaires pendant deux jours.

Le projet du maire Sévigny essuie la critique

La deuxième soirée de consultation publique sur le projet de réforme de la gouvernance a vu fuser les critiques, mercredi, de la part de cinq des six intervenants ayant présenté un mémoire. Une cinquantaine de citoyens s'étaient déplacés.
Le conseiller de l'arrondissement de Brompton Benoît Dionne a été le premier à prendre le micro pour présenter son propre plan de réforme. Souhaitant que la structure actuelle de Brompton soit maintenue, il propose de fondre les quatre grands arrondissements pour former 13 districts électoraux. Des conseils de quartier pourraient alors être créés.
« Je demande que vous ayez un peu d'empathie pour les gens de Brompton. Plusieurs citoyens ont l'impression qu'ils sont floués », fait valoir M. Dionne, qui a aussi fait référence à une possible défusion.
En réponse, le maire Bernard Sévigny a précisé qu'un processus de défusion « doit être lancé par le conseil municipal. Je ne suis pas à cette enseigne et je ne porterai pas de projet de défusion ».
Le citoyen Denis Demers a quant à lui exigé que le débat soit tranché par un référendum. « Refuser le référendum, c'est abuser de la population, mais aussi la traiter en dessous de la jambe », a-t-il commenté.
Il a par ailleurs considéré qu'à ce jour, les citoyens n'avaient pas tout l'éclairage nécessaire pour prendre une position définitive sur la proposition du maire. Comme plusieurs autres intervenants, il a émis l'opinion que l'implantation future d'un service téléphonique 311 serait trop coûteuse.
Citoyenne de Brompton, Lyne Moreau croit que Sherbrooke fonctionnait bien sans parti politique. « Il faut périodiquement se battre pour nos services de proximité. On le sait que la communauté ne disparaîtra pas en fumée, mais ça se fera petit à petit de façon pernicieuse. Avec douze conseillers, il sera plus facile pour le parti d'obtenir une majorité. Ce genre de choix peut soulever des passions et prendre des générations à être intégré. »
Mme Moreau a plaidé pour une décentralisation, indiquant notamment que les « gens du central ne connaissent pas la réalité de Brompton en particulier ».
L'ex-candidat à la mairie Denis Pellerin craint que les élus soient remplacés par des fonctionnaires. Il déplore aussi que la réforme soit politique, soit que les arrondissements comptant des conseillers majoritairement indépendants soient fusionnés avec des arrondissements où le Renouveau sherbrookois est majoritaire. « Le parti obtiendrait ainsi une majorité qui donnerait tous les pouvoirs au maire. »
Il a par ailleurs déploré que le service du 819 821-5858, qui serait remplacé par le 311, ne soit pas suffisamment publicisé.
Le Mouvement Sherbrooke Démocratie, représenté par Évelyne Beaudin et Claude Dostie, craint que la réduction du nombre d'élus augmente la charge de travail des conseillers et que, par conséquent, leur salaire connaisse une hausse. « Rien n'empêche le prochain conseil de se voter une augmentation » a clamé Mme Beaudin.
Cette dernière s'est dite en faveur de certaines mesures proposées par le conseiller Jean-François Rouleau, dont la réduction de cinq à quatre du nombre de membres du conseil exécutif et l'abolition de plusieurs primes de fonction chez les élus.
Claude Dostie a quant à lui qualifié le dépliant d'information sur la réforme, distribué à toutes les portes de la ville, de propagande et a déploré que les dates des consultations n'y fussent pas inscrites. Il a aussi souhaité la création d'un organe qui serait responsable des consultations publiques pour assurer leur bon déroulement.
Seul organisme à avoir pris la parole se montrant favorable à la réforme, la Chambre de commerce de Sherbrooke a présenté le résultat d'un sondage mené auprès de ses membres. La directrice générale Louise Bourgault a rappelé que 85 % des membres appuient le projet de réforme. « Il est clair que les gens d'affaires veulent une saine gestion de la ville. Les économies sont les bienvenues pour limiter les hausses de taxes. »
Le citoyen Yvan Ménard, en période de questions, a par ailleurs déploré que « beaucoup de personnes fassent preuve d'esprit de clocher. Allons-y, abolissons tous les arrondissements. Tout le monde sera égal. Il n'y aura plus de chicane ».
Les vidéos des deux séances de consultation seront publiées sur le site internet de la Ville de Sherbrooke dès demain. Environ 200 personnes auraient déjà assisté, en ligne, à la séance de mardi. Les rapports de consultation seront quant à eux mis en ligne lundi.