Guile Ralph Lavers soutient avoir trouvé des diamants et de la potasse sur un terrain de 700 acres dans les Laurentides. Les concessions minières qu'il a réclamées en juin 2011 sont cependant en suspens depuis le dépôt du projet de loi 14.

Le projet de potasse et diamants en suspens

Un prospecteur de la région devra encore patienter avant de savoir s'il pourra exploiter la potasse et les diamants qu'il dit avoir trouvés dans les Laurentides, près de Laurel. En attendant une refonte de la Loi sur les mines, ses titres miniers sont en suspens.
C'est une disposition du projet de loi 14 modifiant la Loi sur les mines qui empêche le prospecteur de Cookshire-Eaton, Guile Ralph Lavers, d'exploiter ce qu'il considère valoir « des centaines de milliers de dollars ». « Pas juste pour moi. C'est aussi une grande perte pour le ministère de l'Agriculture. Les États-Unis sont prêts à acheter de la potasse à grand prix », estime-t-il.
Même si le projet de loi 14 déposé le 12 mai 2011 n'a pas été sanctionné, la disposition qui s'applique aux concessions minières de M. Lavers, elle, est valide et s'applique de manière rétroactive.
Cette disposition indique que « tout territoire affecté à la villégiature » est soustrait à la désignation sur carte et à l'exploitation minière. Selon le ministère des Ressources naturelles, les titres miniers de M. Lavers entrent dans cette dernière catégorie. De plus, le prospecteur a déposé en juin 2011 sa demande, soit un mois après le dépôt du projet de loi 14.
« Les titres sont en suspens. Pour l'instant, la demande n'est pas acceptée ni refusée », explique le porte-parole du ministère des Ressources naturelles, Nicolas Bégin.Inquiet de perdre ses concessions minières, M. Lavers a de la difficulté à croire que ce terrain de 700 acres est désigné comme un endroit villégiature. « C'est impossible que quelqu'un aille là en vacances. Si vous voyiez le terrain, vous comprendriez », plaide-t-il.
Trois années se sont écoulées depuis qu'il a déposé ses réclamations. Toutes les réponses qu'il a reçues à ses questions par la suite se contredisaient. Un fonctionnaire du ministère des Ressources naturelles lui a même répondu une fois que le gouvernement du Québec n'avait aucune concession minière à son nom, avant de se raviser.
« Cela n'a aucun sens. Ils ne disent jamais la même chose », déplore M. Lavers. Il y a un mois, il a même fait appel au député de Mégantic, Ghislain Bolduc, pour lui venir en aide.
Or, ce dernier ne peut rien faire tant que le ministère n'aura pas statué sur l'avenir de cette disposition.
« Le secteur des mines attend actuellement une décision du ministre délégué à ce sujet. Il n'y a pas que le cas de M. Lavers, il y en a plusieurs autres aussi qui sont dans cette situation », explique Bernard Boutin, l'attaché politique du député.
Guile Ralph Lavers ignore combien peuvent valoir les pierres précieuses et la potasse trouvée sur ce lot qu'il a réclamé en 2011. Or, il assure que des dizaines d'emplois pourraient être créés, sans compter les retombées financières pour la province. « Tout est prouvé et testé », maintient-il.