Sébastien Girard

Le prof de musique Sébastien Girard déclaré coupable

La juge Guylaine Tremblay a déclaré Sébastien «Bob» Girard coupable des accusations d'agression et d'attouchements sexuels en situation de confiance ou d'autorité sur une personne d'âge mineur qui pesaient contre lui. L'enseignant en musique de la polyvalente Le Boisé reviendra devant les tribunaux le 27 novembre pour les représentations sur sentence.
Au moment de rendre sa décision, une lecture qui aura duré environ 45 minutes, la magistrate a précisé avoir accordé davantage de crédibilité à la version de la victime (qu'on ne peut nommer en raison de son âge au moment des faits). Elle a indiqué que le témoignage de l'accusé était parsemé d'invraisemblances.
Bien qu'elle puisse avoir été consentante à avoir des relations sexuelles avec l'accusé et qu'il ne lui ait jamais enseigné directement, la juge Tremblay a établi que Girard se retrouvait tout de même en position de confiance du fait qu'il représentait une figure d'autorité dans l'établissement d'enseignement.
La juge a ajouté que cette relation «n'aurait pas dû exister», faisant état de la différence d'âge entre l'accusé et sa victime. Au début de la relation, en 2001, Sébastien Girard était âgé de 21 ans, sept de plus que sa victime. Dans ce contexte, la juge a estimé que la relation était loin d'être égalitaire.
La CSBF toujours en attente
Malgré le verdict de culpabilité, la Commission scolaire des Bois-Francs demeure prudente relativement au statut de son enseignant. L'organisme entend maintenir la suspension en vigueur depuis qu'il a été formellement accusé, en mars 2010, du moins jusqu'à ce qu'il reçoive sa sentence.
Pour le moment, le poste qu'il occupait à la polyvalente lui appartient toujours et fait l'objet d'un remplacement. Il n'a pas été possible de savoir si Sébastien Girard obtient un salaire pendant sa suspension.
Rappelons que l'enseignant était accusé d'agression sexuelle pour des événements qui ont eu lieu entre 2001 et 2004, à Victoriaville et à Québec. Au cours de cette période, il a multiplié les attouchements et les relations sexuelles avec une étudiante.
«Je n'étais pas capable de dire non. Ça se passait tellement vite. Il était plus grand et plus fort que moi. Il n'a jamais utilisé sa force, mais j'étais impressionnée. Il me mettait contre un mur et me contrôlait. J'étais juste figée», a-t-elle raconté.
Les agressions se seraient terminées en 2004, lorsque la victime a déménagé à Rivière-du-Loup afin de fuir son passé. Ce n'est toutefois qu'à la fin 2009 qu'elle a décidé de porter plainte. Informée que d'autres jeunes filles auraient subi le même sort, elle aurait décidé d'agir par altruisme.