Philippe Couillard

Le premier ministre doit intervenir, selon le maire Sévigny

Pour équilibrer son budget 2015, la Ville de Sherbrooke puisera dans ses surplus accumulés. Voilà une autre raison pour laquelle le maire Bernard Sévigny se dit insulté des mises en garde formulées par le ministre des Affaires municipales Pierre Moreau.
<p>Bernard Sévigny</p>
«Quand le ministre Moreau et le premier ministre disent avoir scruté les situations des villes, ils constatent probablement que Sherbrooke compte sur un surplus de 12,8 M$. Ce qu'ils ne peuvent pas voir, c'est que nous prendrons 7,2 M$ de ce surplus pour équilibrer le budget 2015. C'est le genre de chose à propos desquelles M. Moreau devrait s'informer avant de lancer des choses sur la place publique. Il nous restera donc un surplus de 5,6 M$, ce qui représente à peine 2 % du budget. C'est vraiment le plus loin que nous pouvons aller», explique M. Sévigny.
Au moment de l'entente sur le dernier pacte fiscal, le maire Sévigny indiquait que les concessions accordées permettraient peut-être aux municipalités d'obtenir de nouveaux pouvoirs en retour. «Nous avons accepté le pacte fiscal, mais à partir du moment où nous réduisons les dépenses de 4 M$, que nous diminuons les services et que nous coupons des postes, la raison est claire. Il y a des impacts au pacte fiscal et nous allons le dire. Quand nous augmentons les taxes pour réaliser des projets, nous le disons. Quand des coupures nous sont imposées à la fin novembre, il faut le dire également.»
Même si le premier ministre Philippe Couillard affirmait être derrière son ministre jeudi matin, Bernard Sévigny croit que le premier magistrat n'aura pas le choix d'intervenir. «Il ne peut pas se cacher non plus. À partir du moment où les ponts sont coupés, il faut intervenir. Je crois qu'il n'avait pas saisi l'ampleur de la déception du monde municipal. La balle est dans son camp et il ne pourra pas se contenter de dire qu'il se range derrière son ministre.»
Les élus sauront-ils travailler avec le ministre Pierre Moreau ou espèrent-ils qu'il soit remplacé? «C'est une décision qui appartient au gouvernement. Une chose est sûre, nous ne pouvons plus nous relancer constamment sur la place publique. Il faudrait s'asseoir pour négocier le prochain pacte fiscal et ça devra se faire dans un climat sain. Pour l'instant, le lien de confiance est brisé. On peut difficilement discuter de façon constructive quand on s'assoit et qu'on se regarde en chiens de faïence. Il faudra assainir le climat.»