La première ministre Pauline Marois était à Drummondville, lundi, afin de parler intégrité, en compagnie du ministre de la justice Bertrand St-Arnaud et de son candidat de Drummond-Bois-Francsm Daniel Lebel.

Le PLQ ne pourra appliquer les recommandations de la commission Charbonneau, dit Marois

Le Parti libéral du Québec n'est pas en position pour appliquer les recommandations qui résulteront de la commission Charbonneau, estime la première ministre sortante, Pauline Marois.
« L'équipe de Philippe Couillard est composée de 18 ministres qui ont voté 11 fois contre la tenue de la commission d'enquête. Ces derniers ont même proposé un projet de commission qui s'est avéré être un leurre, avant de finalement mettre en place celle que l'on connaît », a indiqué lundi la chef du Parti québécois, de passage à Drummondville accompagnée de son ministre de la Justice, Bertrand St-Arnaud.
Informée que certains membres du gouvernement libéral aient pu être en faveur de la tenue d'une commission, mais contraints de garder le silence, Mme Marois a tendu une perche, demandant à ces députés de se manifester et de faire preuve de transparence. « Les Québécois ont le droit de savoir », a-t-elle clamé, ajoutant que le nouveau chef du PLQ, Philippe Couillard, refusait, pour sa part, de se dissocier de ce que son parti a fait au cours de son dernier mandat majoritaire.
C'est la deuxième fois que la première ministre foule le sol drummondvillois depuis le début de la campagne. Chaque fois, il a été question d'intégrité. Elle tente d'ailleurs d'associer le sujet à son candidat de Drummond-Bois-Francs, Daniel Lebel, l'ancien président de l'Ordre des ingénieurs du Québec.
Pauline Marois s'est targuée d'être à l'origine de projets de loi sur l'intégrité en matière de contrats publics et sur le nouveau régime de financement des partis politiques nationaux, qui ont notamment permis d'économiser 240 M$ dans les travaux routiers.
Ce bilan a toutefois été entaché par de vieux squelettes. La politicienne a eu bien du mal à s'expliquer lorsque confrontée aux écarts de conduite des siens, notamment lors de la course à la chefferie de 2005.
« Je ne laisserai personne comparer l'intégrité de mon parti à celui du Parti libéral et de son éthique élastique. Nous avons toujours agi en toute légalité et pris les mesures quand cela s'imposait », a-t-elle riposté.
Des « lanceurs d'alerte »
Mme Marois a, par ailleurs, annoncé qu'advenant la réélection de son parti, celui-ci déposera un projet de loi spécifique qui facilitera la divulgation d'actes répréhensibles dans les organismes publics tout en assurant la protection des « lanceurs d'alerte ».
« Si de telles dispositions avaient été instaurées sous le règne libéral de Jean Charest, des employés de l'État auraient pu dénoncer, sans crainte de représailles, les choix effectués par le cabinet d'un ministre libéral, notamment en ce qui concerne l'attribution de places subventionnées en garderie, le contrôle politique du programme des infrastructures sportives ou encore le système de nomination de juges en fonction de l'affiliation politique », a déclaré Daniel Lebel.
Ce n'est pas un hasard si la chef péquiste multiplie les interventions en Mauricie et dans le Centre-du-Québec. Elle considère que les circonscriptions de ces deux régions constituent des gains potentiels pour son parti.