Le génie civil de l'UdeS aide à rebâtir Haïti

Personne ne souhaite revivre les conséquences désastreuses du tremblement de terre qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010.Le séisme d'une magnitude de 7,3 sur l'échelle de Richter a détruit des milliers de bâtiments qui n'étaient pas construits pour résister à une puissante secousse.
Des experts sherbrookois sont à l'oeuvre depuis bientôt quatre ans pour permettre à Haïti de se reconstruire sur des bases solides.
Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en génie parasismique, le professeur Patrick Paultre du département de génie civil de l'Université de Sherbrooke se trouve présentement à Port-au-Prince dans le cadre d'une conférence scientifique mondiale pour la formation des ingénieurs et architectes dans le cadre de la reconstruction en Haïti.
Pendant que des professeurs en génie civil de l'Université de Sherbrooke s'affairent à former ingénieurs et architectes sur le terrain, des étudiants l'Université d'État d'Haïti viennent ici à Sherbrooke parfaire leur formation en génie parasismique.
Le professeur Paultre explique que l'objectif demeure que ces étudiants retournent en Haïti pour transmettre leurs connaissances.
« Étant donné que la reconstruction prendra des dizaines d'années, il est évident que nous souhaitons que ces étudiants enseignent et contribuent à la formation entre autres des ingénieurs et des ouvriers », explique le professeur Paultre.
Sur un horizon de cinq ans, l'UdeS souhaite rendre autonome l'Université d'état d'Haïti dans la formation de ses ingénieurs civils en génie parasismique. Déjà des dons d'équipements pour la mise en place d'un laboratoire ont été faits.
Depuis janvier 2010, huit étudiants haïtiens sont passés par le département de génie civil de l'Université de Sherbrooke pour compléter leur maîtrise en génie parasismique. Un d'entre eux a même complété un postdoctorat.
« Mon objectif est de contribuer à la reconstruction en respectant les normes parasismiques. Il faut construire selon le code de construction des bâtiments qui a été élaboré », indique l'un des étudiants haïtiens, Georges Chancy.
Son collègue Christopher Calixte est du même avis.
«Nous ne voulons pas revivre les conséquences du 12 janvier 2010. Le problème demeure que les gens oublient parce que des tremblements de terre surviennent tous les 250 ans. Cependant, il ne faut pas oublier et faire comprendre aux jeunes ingénieurs l'importance de tenir compte des normes parasismiques dans la construction d'édifices », estime cet étudiant en génie parasismique.
« Je n'ai aucune hésitation à retourner dans mon pays. Ce que nous venons chercher ici est très positif, mais il faut l'appliquer chez nous afin de ne pas revivre les mêmes conséquences », ajoute Georges Chancy.
Dans les laboratoires du département de génie civil de l'UdeS, des expérimentations se déroulent pour améliorer la résistance des bâtiments, dont l'ajout d'armatures dans les murs de béton.
« Ce serait une technique simple et peu coûteuse afin que les murs puissent mieux résister aux tremblements de terre », estime Patrick Paultre.
Originaire d'Haïti, le professeur Paultre est retourné à Port-au-Prince trois semaines à peine après le séisme pour apporter son expertise. Ce dernier a participé à la reconstruction de certains édifices de la capitale dont le palais de justice et l'édifice de la mairie.
« J'ai tout de suite constaté que les gens là-bas ne possédaient pas la formation pour reconstruire selon les normes parasismiques. J'ai rapidement contribué à la mise en place de formations pour les ingénieurs et les architectes afin d'amorcer la reconstruction. Nous voulons les rendre capables de faire cette reconstruction. Pour l'instant, l'expertise locale est bien peu présente. Il faut développer avec eux les méthodes appropriées à la réalité haïtienne », soutient le professeur Paultre qui a aussi siégé à une commission pour la reconstruction des écoles primaires et secondaires en Haïti et qui établit rapidement des ponts avec l'Université d'État d'Haïti à Port-au-Prince pour développer une expertise en génie parasismique.
En plus du professeur Paultre, les professeurs Jean Proulx, Alexandre Cabral et Richard Gagné de l'Université de Sherbrooke sont allés en Haïti apporter leur contribution et leur expertise en donnant des cours.
« Nous sommes en train de développer une maîtrise conjointe. Nous accordons deux bourses par année à leurs étudiants afin qu'ils puissent venir compléter leur formation à Sherbrooke. Tous les travaux de maîtrise de ces étudiants sont liés à la situation en Haïti », soutient Patrick Paultre qui a travaillé à développer un code de construction en Haïti et fondé l'Association haïtienne en génie parasismique.