Marco Labrie

Le CSI dénonce le «détournement de fonds de l'aide internationale» du fédéral

Le directeur du Carrefour de solidarité internationale (CSI) Marco Labrie a participé lundi à une manifestation à Montréal avec d'autres organismes pour dénoncer le « détournement de fonds de l'aide internationale du gouvernement fédéral ».
« Au gouvernement canadien, on transforme de plus en plus l'aide internationale en commerce international. On est allés manifester notre désaccord », explique-t-il. Les manifestants - ils étaient 250 selon M. Labrie - se sont rendus devant l'hôtel Mariott Château Champlain, où le ministre du Commerce international Edward Fast donnait une conférence.
Dans une allocution prononcée sur place, Marco Labrie a souligné les impacts que les coupures du gouvernement conservateur dans l'Aide publique au développement avaient eus sur son organisme. Trois postes ont dû être supprimés au sein du CSI, et d'autres employés ont été touchés par une réduction du temps de travail et de la paie de 20 %.
«Il faut vraiment croire à la solidarité pour continuer à faire vivre la solidarité en région dans ces conditions », a-t-il mentionné.
L'appui financier du CSI à ses partenaires au Mali, au Pérou et en Haïti a également souffert des coupures, et l'organisme a dû mettre fin à ses programmes en République dominicaine. Il a également connu une diminution drastique de son programme de stages outre-mer.
Un budget coupé de moitié
Depuis décembre 2012, le CSI a perdu un financement de 660 000 $. En en peu plus d'un an, l'organisme a dû apprendre à fonctionner avec moins de la moitié de son budget. « [Cette somme] nous servait d'effet de levier pour aller chercher d'autres sommes d'argent auprès d'autres partenaires financiers. Au total, notre enveloppe budgétaire était de près de 1,8 million. Aujourd'hui, notre budget pour 2014 est de 732 000 $. »
Dans son allocution, le directeur général s'est adressé directement au premier ministre Stephen Harper. « Je vous mets au défi, M. Harper, de m'accompagner pour rencontrer les communautés, les femmes avec qui nous travaillons au Pérou et au Mali pour que vous leur expliquiez que le travail que nous réalisons avec elles depuis plus de dix ans n'a produit aucun résultat, selon vous, et de leur dire pourquoi vous ne financez plus des OCI comme le Carrefour de solidarité internationale. »
M. Labrie souligne par ailleurs qu'il n'a rien contre le commerce international, « mais ça ne doit pas être fait avec les fonds destinés à l'aide internationale ».
Une trentaine d'Estriens se sont déplacés lundi jusqu'à Montréal en appui au CSI.