Michel Murray

Le conseiller syndical Michel Murray évitera un procès

Le conseiller syndical Michel Murray évitera un procès dans le dossier de la poursuite en diffamation intentée par l'Université de Sherbrooke en 2012. Une proposition de règlement s'élevant à 30 000 $ doit permettre de clore cette affaire.
Le procès de M. Murray devait être entendu au palais de justice de Sherbrooke à compter de la semaine prochaine, du 10 au 13 mars. Rappelons que l'UdeS et quatre de ses cadres poursuivaient en diffamation le conseiller syndical. Ils réclamaient 335 000 $ en dommages et intérêts.
La somme de 30 000 $ comprendrait environ 5000 $ pour l'UdeS et par cadre, en plus d'un montant pour les frais, selon Serge Morin, directeur adjoint au SCFP. « C'est un règlement à la satisfaction des deux parties. Il permettra de tourner la page », estime M. Morin, qui ne voulait pas encore s'avancer pour dire que tout était conclu, car il devait d'abord reparler avec les procureurs au dossier. Une telle entente est à ses yeux le meilleur scénario qui puisse survenir dans un tel contexte, plutôt que d'entreprendre un procès qui aurait été coûteux. Selon nos informations, certains éléments restent encore à être finalisés.
Dans un document déposé en cour dont La Tribune a obtenu copie, on pouvait lire que la « partie défenderesse a acquiescé partiellement à jugement dans le présent dossier et se désiste de sa défense ». M. Morin estime qu'il y a une forme de « reconnaissance de certains dommages » de la part de la partie défenderesse avec ce désistement. Il rappelle également que M. Murray s'était excusé après avoir tenu les propos qui lui ont été reprochés.
Dans une entrevue accordée au 107,7 FM Estrie, M. Murray avait traité les quelque 155 cadres de l'UdeS de « crapules » en raison des 2,8 M$ en heures supplémentaires qu'ils avaient touchés pendant la grève des employés de soutien. « Ça donne envie de vomir quand on voit que pendant 16 semaines, on était à la table des négociations, on tentait de négocier avec des gens et il y en a qui, sans se tromper, ont pu se payer un gros jacuzzi sur le dos des employés de soutien (...) », avait-il notamment mentionné. Michel Murray avait également fait un rapprochement avec le scandale des commandites et les sommes qui ont été versées aux cadres dans le conflit. Il s'était par la suite excusé de ses propos dans les pages de La Tribune.
La grève, survenue à la session d'automne 2011, a duré environ quatre mois et a été le plus long conflit de travail de l'histoire de l'institution. L'UdeS a déposé une requête introductive d'instance en diffamation en 2012. La requête réclamait alors pour l'institution 75 000 $ à titre de dommages et 100 000 $ à titre de dommages et intérêts punitifs de même que 40 000 $ pour chaque cadre.
Lorsque l'UdeS avait annoncé - avant même le dépôt de la requête - qu'elle poursuivrait M. Murray, des voix s'étaient élevées pour dénoncer cette décision, principalement en raison des coûts engendrés par une telle démarche judiciaire.
L'Université de Sherbrooke n'a pas voulu émettre de commentaires et il n'a pas été possible d'obtenir ceux de M. Murray sur l'issue de cette affaire.