Raif Badawi

L'avocat de Raif Badawi a été envoyé en prison

Détenu en prison depuis avril, l'avocat de Raif Badawi, Waleed Abulkhair, défenseur des droits humains en Arabie Saoudite, vient d'être condamné à 15 ans de prison, et l'équivalent de 50 000 $ d'amendes.
<p>Waleed Abulkhair </p>
Une situation difficile pour Raif Badawi, puisqu'il s'agit de son beau-frère. Raif Badawi est ce Saoudien détenu en Arabie Saoudite depuis deux ans, et dont la conjointe, Ensaf Haidar, s'est réfugiée à Sherbrooke avec ses trois jeunes enfants. Des organisations comme Amnistie internationale font campagne pour obtenir la libération de ce prisonnier d'opinion. Le Saoudien de 30 ans risque la peine de mort pour s'être exprimé sur son blogue en Arabie saoudite.
Il est moralement difficile de voir que ceux qui s'élèvent contre le système en Arabie Saoudite se retrouvent systématiquement en prison, souligne Mireille Elchacar, agente de développement régional en Estrie pour Amnistie internationale.
Lors de sa dernière apparition en cours, Raif Badawi a dû composer avec l'absence de son avocat, qui était déjà détenu, avant même l'annonce de sa condamnation. « Quand la peine de Raif a été augmentée, il n'avait pas d'avocat », raconte Mireille Elchacar.
Raif Badawi a été emprisonné le 17 juin 2012. Il a d'abord été condamné à sept ans d'emprisonnement et 600 coups de fouet. Cette sentence a été rejetée en appel. Le 7 mai dernier, il a été rejugé et condamné par un tribunal à 10 ans d'emprisonnement, 1000 coups de fouet et une amende de près de 300 000 $ (canadiens). Il fait appel de ce jugement. Parallèlement, il risque toujours d'être jugé pour apostasie (avoir renié sa religion), un crime passible de la peine de mort et de coups de fouet.
Waleed Abulkair a eu plusieurs démêlés avec la justice depuis 2011, notamment pour avoir signé une pétition réclamant la libération de gens qui demandaient une réforme démocratique du système. Il a alors été incarcéré pendant trois mois.
« C'est la justice en Arabie Saoudite », commente Mme Elchacar. M. Abulkhair représentait plusieurs personnes, en plus de Raif Badawi. « C'est un homme connu dans son pays, spécialement pour les droits humains », note-t-elle. « Entre le moment où Waleed Abulkhair a été arrêté et qu'il a obtenu sa peine, le gouvernement a passé une nouvelle loi antiterroriste. C'est une loi fourre-tout où on met plusieurs types d'accusations afin de faire taire les dissidents. »
On lui reproche notamment d'avoir insulté les dirigeants et le système judiciaire. Walid Abulkair « ne veut pas faire appel de son jugement, car il ne le reconnaît pas; il ne veut pas participer à ce simulacre de justice », note Mme Elchacar. Selon Amnistie internationale, Waleed Abulkair aurait été victime de torture.
D'autres actions visant à demander la libération de Raif Badawi doivent avoir lieu cet automne.