Vicky Chainey Gagnon quittera bientôt le milieu culturel sherbrookois pour The Rooms, un peu grâce au soutien de sa mère Nicole Chainey.

L'art pour tous, et pour sa mère

Il y a le 8 mars. Et tous les autres jours. À travers le temps et les époques, des femmes inspirent. Une mère, une amie, une icône croise la route d'une autre femme, et c'est le déclic. Portraits de femmes inspirées qui parlent de femmes inspirantes.
À titre de commissaire, la Sherbrookoise Vicky Chainey Gagnon prépare autour du thème de la résistance la prochaine Manif d'art de Québec, biennale majeure en arts visuels actuels qui se tiendra en mai et en juin prochains. Puis, en juillet, elle partira à St. John's occuper ses fonctions nouvelles de directrice et conservatrice de The Rooms, un des plus importants musées du Canada. Broue dans le toupet pour la directrice/conservatrice de la galerie d'art Foreman de l'Université Bishop's, qui entretient l'idée d'amener la communauté à l'art, et l'art dans la communauté. La Société des musées québécois avait reconnue sa démarche novatrice en lui décernant le Prix Relève en 2011.
Dans le cadre de son travail, Vicky Chainey Gagnon rencontre des artistes animées, engagées, éclatées. Et si elle doit nommer la femme qui a eu le plus d'influence sur elle, y compris dans sa pratique professionnelle, elle pense sans hésiter à... sa mère. Qui ne vient pas du milieu artistique, mais dont l'opinion immanquablement honnête lui sert de repère.
«J'ai toujours cherché à monter des expositions qui plairaient à ma mère, explique la conservatrice. Je me suis fixée ce but parce que je crois profondément qu'on puisse rendre l'art accessible à tous.»
Depuis la dizaine d'années que sa fille travaille à la galerie Foreman, Nicole Chainey en a visité chacune des expositions.
C'est l'oeil et le bon goût de la maman qui ont été transmis à la fille. Les deux femmes partagent un intérêt marqué pour la chasse au vêtement singulier, rare. « Nous passions beaucoup de temps à observer des designs ensemble, raconte Vicky Chainey Gagnon. Le choix de devenir conservatrice s'est plus tard naturellement imposé à moi. »
Aussi garde-t-elle une pensée pour sa mère chaque fois qu'elle se trouve en sol étranger pour visiter des musées ou rencontrer des artistes. «Je me suis récemment rendue à Venise, d'où j'ai rapporté un collier de verre de murano gris pâle, confectionné à la main par un artisan. J'adore trouver un petit quelque chose d'extra pour gâter ma mère!»
En signe de reconnaissance. Pour les années d'apprentissage. Vicky Chainey Gagnon est née d'une famille bilingue et mouvante, qui s'est entre autres établie en Colombie-Britanique. Pour mieux revenir. Une vie itinérante et formatrice. L'époque de l'affirmation de soi. «On se rend compte que c'est difficile de cadrer à chaque fois dans un nouveau groupe. Avec le temps, j'ai appris à développer mes propres intérêts, et à les suivre passionnément, indépendamment des autres.»
Pour le soutien indéfectible et l'amour, aussi. «Son implication dans ma vie a vraiment renforcé la perception que j'ai de moi-même, remarque Vicky Chainey Gagnon. Ma mère, c'est ma meilleure amie, ma confidente. En Anglais, on dit my rock.»
En Français, ça serait quelque chose comme son port d'attache.