L'AMF met en garde la population contre la monnaie virtuelle

Les Québécois doivent faire preuve de prudence en ce qui concerne la monnaie virtuelle, comme le Bitcoins, qui commence à faire son entrée dans certains commerces au Québec.
L'Autorité des marchés financiers invite la population à la prudence. Les transactions impliquant la monnaie virtuelle, aussi appelée cryptomonnaie, ne sont pas couvertes par le Fonds d'indemnisation des services financiers ni par le Fonds d'assurance-dépôts, avertit-on.
Les utilisateurs s'exposent à des pertes potentielles non couvertes par les régimes d'indemnisation et d'assurance-dépôts actuellement en vigueur lorsqu'ils transigent avec de la monnaie virtuelle, indique un communiqué.
La Tribune rapportait lundi qu'un premier commerce sherbrookois adopte la monnaie Bitcoins. Depuis le 1er février, l'école de jiu-jitsu brésilien Nomad BJJ, située sur la rue King Ouest, est la première entreprise estrienne à accepter les paiements en monnaie échangeable sur internet.
Pour sa part, la Chambre de commerce de Sherbrooke (CCS) a émis des réserves puisqu'il risque de s'écouler plusieurs années avant que l'utilisation de la monnaie virtuelle ne soit monnaie courante dans la ville. Les économistes consultés se montrent sceptiques, car la monnaie est encore loin de faire l'unanimité.
Un premier guichet
Suivant l'ouverture d'un premier guichet, l'Autorité suit de près l'introduction de la monnaie virtuelle au Québec, «tant du point de vue de la Loi sur les valeurs mobilières, de la Loi sur les instruments dérivés que de la Loi sur les entreprises de services monétaires. Si des manquements à l'une de ces lois sont constatés, l'Autorité interviendra», ajoute-t-on.
L'organisme mentionne que divers régulateurs et banques centrales ont récemment mis en garde les consommateurs sur les risques de fraude associés à la monnaie virtuelle, notamment la Securities and Exchange Commission des États-Unis et la Banque de France.
«L'anonymat des transactions en monnaie virtuelle et leur relatif faible coût pourraient entraîner des fraudeurs à mettre en oeuvre des stratagèmes, notamment des combines à la Ponzi, pour attirer les investisseurs. La monnaie virtuelle étant alors employée pour faciliter la fraude ou simplement fabriquer de faux investissements. Ce type de fraude implique généralement des placements et des plateformes d'investissement en ligne non autorisés par les autorités», souligne l'organisme de réglementation et d'encadrement du secteur financier du Québec.