L'aide psychologique reste sollicitée à Lac-Mégantic

Plus de huit mois après la tragédie ferroviaire qui a dévasté le centre-ville de Lac-Mégantic, les services psychosociaux de rétablissement reçoivent encore de quatre à cinq nouvelles demandes d'aide par semaine, et c'est ainsi depuis le mois de septembre.
« Les gens ont tenu le coup jusqu'à maintenant et là, ils ne sont plus capables. Ils nous arrivent assez détériorés », constate la coordonnatrice administrative des services psychosociaux de rétablissement du CSSS du Granit, Céline Larin.
« Ils vivent beaucoup d'incertitude, ils ont beaucoup de questions auxquelles ils n'ont pas eu de réponse. Ça crée une détresse chez les gens. C'est difficile d'avoir de l'espoir quand on n'a pas les éléments pour rêver ou actualiser cet espoir. »
« Pour nous, c'est une bonne nouvelle, ajoute Mme Larin, parce que les gens continuent de venir vers nous pour recevoir des services.
« En même temps, nous nous rendons compte depuis le mois de septembre que plusieurs personnes terminent leur suivi individuel ou leur implication dans les rencontres de groupe. Nous interprétons ça comme un très bon signe de rétablissement. Les gens vont mieux et ils vont pouvoir se réinvestir auprès de leurs proches et dans la communauté. »
Mme Larin a été invitée à dresser ce bilan au point de presse hebdomadaire de la Ville, mardi, en pleine Semaine des travailleurs sociaux et alors que la disponibilité et l'accessibilité des travailleurs sociaux ont été remises en question sur le site du Carré bleu Lac-Mégantic.
« J'ai rencontré Jonathan Santerre (fondateur et porte-parole du Carré bleu). Ça part d'une méconnaissance de nos services alors on lui a présenté ce qu'on fait et il a mis l'information sur son site après notre rencontre », précise Mme Larin.
Les services psychosociaux de rétablissement ont été déployés à Lac-Mégantic dès le mois de juillet. Aujourd'hui, ils sont encore une équipe de 15, dont une douzaine d'intervenants sociaux, qui oeuvrent dans les roulottes, derrière le CSSS du Granit, et sur le terrain.
« Un organisateur communautaire va s'ajouter pour accompagner de façon plus concrète les citoyens qui veulent prendre la parole, qui veulent s'organiser pour réclamer des choses, pour aider les gens à se réapproprier leur quartier », dit Mme Larin, qui précise aussi que jour après jour, de nouvelles formes d'intervention sont développées pour aider la population.
Mardi soir, une vingtaine de citoyens ont par exemple répondu à l'invitation des services psychosociaux de rétablissement pour une nouvelle activité de groupe proposée à ceux qui résident près de la voie ferrée.
« C'est en lien avec comment se réapproprier un quartier qui a changé de figure, avec le chemin de fer, et les craintes que ça peut susciter. Des intervenants psychosociaux y sont pour animer, outiller et accompagner s'il y a des besoins. C'est une activité pour répondre aux besoins exprimés par plusieurs personnes, une sorte de thérapie réalité», explique Mme Larin.
Dans le quartier Fatima aussi, qui vit de profondes transformations liées aux démolitions, les travailleurs sociaux sont très présents. Ils s'y rendent encore plusieurs fois par semaine, assure Mme Larin.
« Notre souhait, conclut-elle, c'est de rester à Lac-Mégantic tant qu'il y aura des besoins ou jusqu'au moment où le CSSS du Granit sera capable d'absorber ces demandes. Nous avons une fenêtre de 18 mois, mais ce qui a été entendu, c'est qu'on demeure tant qu'il y aura des demandes de la part des citoyens. »