Jacqueline Giard

L'action comme fontaine de Jouvence

À 73 ans, Jacqueline Giard n'entend pas ralentir le rythme. Si la voyageuse a posé le pied un peu partout dans le monde, elle l'a aussi changé grâce à ses nombreuses implications bénévoles.
La retraite n'était pas synonyme de repos pour Mme Giard, elle qui a conservé son élan de ses quelque trente années dans le domaine de l'éducation en offrant des ateliers de francisation aux nouveaux arrivants une fois qu'elle a posé ses craies et ses brosses. Parce que la détente est apaisante, mais la générosité gratifiante.
«C'est un désir de rester active de façon utile. Redonner à la société un peu de ce qu'on a reçu. Quand on fait une carrière d'une trentaine d'années dans l'enseignement, on veut redonner une partie de notre expérience bénévolement à travers des causes qui nous tiennent à coeur», explique celle qui a enseigné les mathématiques et dirigé entre autres le Collège Champlain durant huit années.
D'ailleurs, son expérience dans l'administration a profité à DIRA-Estrie - organisme qu'elle préside - qui lutte contre la maltraitance faite aux aînés. L'organisation a vu les infrastructures de ses services s'améliorer, son processus d'aide se régulariser, mais surtout son financement quadrupler pour atteindre un niveau adéquat, chose rare dans le domaine communautaire.
«Quand je suis arrivée en 2009, l'organisation existait depuis une quinzaine d'années. Elle a été fondée par des bénévoles dévoués, mais pas très structurés. Ça commence souvent comme ça, dans un sous-sol, ils avaient la même mission qu'aujourd'hui, mais leurs moyens étaient plus restreints», raconte Mme Giard.
Une fois la friction statique vaincue, continuer d'avancer n'est que formalité. Le plaisir d'aider s'accumule, empêche de reculer et de stagner.
«Tout le monde a ce désir, on vit en société dans de petites communautés. Dès que l'on détecte de la misère, un besoin, on est porté à aider. Je ne me distingue pas de mes collègues professeurs et de ceux de DIRA-Estrie. Je pense que le besoin d'aider est une source de motivation», indique-t-elle.
Une épopée de Jules Verne
Inde, Chine, Cameroun, Nouvelle-Zélande, Argentine et bientôt Polynésie française, le passeport de Mme Giard est tapissé de tampons. Malgré tout le temps dédié au bénévolat, elle trouve le moyen de se faire plaisir et de se rendre disponible pour ses enfants et ses petits-enfants.
«La vie est bien courte et il faut en profiter. En voyage, on se dit toujours qu'on ne retournera peut-être pas là alors on le vit à fond. La vie qui nous reste à vivre est plus courte que celle vécue. Il faut faire les choses que l'on veut avant de mourir»,
Même en demeurant en Estrie, elle continue de voyager et de découvrir le monde, à travers les yeux d'une aidante plutôt que d'une voyageuse.
«Dans chaque pays on trouve toujours quelque chose d'intéressant, chacun a ses attraits. C'est pareil pour les implications. C'est la raison d'être d'un organisme qui va venir te chercher plus que d'autres», indique-t-elle.
«On devient vieux quand on n'a que des souvenirs et plus de projets» dixit Jean-Marc Chaput.
DIRA-Estrie bénéficiera de sa collaboration et de sagesse pour des années encore. Quant au globe terrestre, il se verra une fois de plus dépouiller d'un de ses secrets alors que Mme Giard entend bien explorer l'Arctique dans un avenir rapproché.
L'action rajeunit, la découverte aussi.
Implications bénévoles;
Ateliers francisation pour nouveaux arrivants;
Force de l'amitié;
Service d'aide aux Néo- Canadiens (siègée sur le conseil d'administration);
DIRA-Estrie (présidente du conseil d'administration).