Lac-Mégantic: manifestation pour un lien piétonnier

« On nous dit qu'il faut nous tenir fort, avoir des liens, échanger, se rencontrer... Mais comment est-ce possible quand de notre côté, à Fatima, nous sommes complètement isolés et coupés du reste de nos voisins de Lac-Mégantic? »
C'est un puissant cri du coeur que lance Richard Poirier, en invitant dimanche matin les gens à marcher et à manifester en faveur de l'ouverture d'un lien piétonnier à même le pont Agnès, complètement fermé à toute circulation depuis la tragédie du 6 juillet dernier.
« C'est pas normal, exprime le résident du secteur Fatima. Pour pouvoir traverser la rivière Chaudière et avoir accès au haut de la ville, il faut marcher sur un sentier de motoneige et passer sur un petit pont, ou encore suivre le pont ferroviaire. C'est dangereux... Si bien que les gens de Fatima ne sortent plus de chez eux. Ça rajoute à la morosité qu'il y a en ville depuis le 6 juillet. On dirait qu'on a toujours la tête dans la crise, comme si l'explosion du train était arrivée la veille! »
Maintenant qu'on sait que le nouveau pont qui reliera les rues Papineau et Lévis ne sera pas prêt avant août, « c'est un deuxième été qu'on va perdre ». Aussi, dans l'intervalle, Richard Poirier se dit « convaincu qu'il est possible de façon sécuritaire » d'ouvrir un lien piétonnier à même le pont Agnès. « Il s'agit de reculer la guérite (NDLR : des agents de sécurité installés en permanence) de 50 pieds. On relie la piste cyclable et on débouche sur le boulevard des Vétérans. Qu'on installe des clôtures d'encadrement pour les piétons s'il le faut... À ce moment-là, ce serait possible pour les gens de Fatima et du haut de la ville de reprendre contact. Il faut qu'on soit capable de croiser notre monde, de vivre un peu. Tout cela est possible avec un minimum de bonne volonté et d'aménagement », clame M. Poirier.
Son appel lancé mardi fait boule de neige et il s'attend à ce qu'au moins 200 personnes prennent part à la manifestation, qui se veut aussi « une façon de réveiller le monde ». « Depuis que j'en ai parlé, je reçois plein de commentaires d'appui. On veut montrer clairement notre volonté. Ce ne sera pas un geste de désobéissance civile ou d'occupation du pont, mais une occasion d'exprimer une puissante volonté populaire et citoyenne », a aussi avoué Richard Poirier.
La manifestation débutera à 11 h, devant l'ancienne église Notre-Dame-de-Fatima.
Par ailleurs, la mairesse Colette Roy Laroche n'a pu commenter cet événement à venir, car elle n'était pas disponible en raison d'une réunion qui se déroulait toute la journée hier.