Des activités de sollicitation comme La Grande Guignolée des médias seront mieux encadrées par la Ville de Sherbrooke.

La Ville veut encadrer la sollicitation dans la rue

Les activités de sollicitation dans la rue comme La Grande Guignolée des médias seront mieux encadrées par la Ville de Sherbrooke.
Le comité de sécurité publique de la Ville de Sherbrooke a demandé au Service de police de Sherbrooke d'analyser le règlement municipal en fonction de ce qui se fait dans les autres municipalités du Québec.
Même si la Grande Guignolée des médias se déroule depuis plusieurs années à Sherbrooke, ce rendez-vous annuel du temps des Fêtes au profit de Moisson Estrie et de la Fondation Rock-Guertin contrevient au règlement municipal.
« Il est défendu à toute personne de solliciter de l'argent ou des dons ou de vendre des biens ou des services aux usagers d'un chemin public, à des fins lucratives ou non, sur toute partie du chemin public comprenant entre autres, le trottoir, la chaussée, une bande médiane ou une voie cyclable de façon à entraver la circulation », stipule le règlement municipal.
Ces barrages routiers ne sont permis qu'à des endroits spécifiques dans l'arrondissement de Brompton de même qu'à l'intersection des boulevards Bourque et Mi-Vallon dans le secteur Rock Forest. Une série de conditions encadrent les barrages routiers aux rares endroits autorisés.
« Nous avons donné le mandat au SPS d'analyser la situation. Il y a présentement une zone grise parce que cette activité est autorisée à certains endroits et pas à d'autres. Lors de certaines activités comme la Grande Guignolée des médias, c'est toléré. Le règlement municipal n'est pas appliqué. Le but n'est pas de mettre fin à ce type d'activité, mais de mieux l'encadrer », a confirmé à La Tribune le président du comité de sécurité publique à la Ville de Sherbrooke, Marc Denault.
Le Service de police de Sherbrooke reçoit chaque année moins d'une dizaine d'appels de citoyens lors de la Grande Guignolée des médias.
« Chaque année nous recevons des appels de citoyens qui s'interrogent principalement sur la sécurité. Cependant, nous n'avons jamais appliqué le règlement municipal qui prévoit une amende de 50 $ », mentionne le porte-parole du SPS, Martin Carrier.
Le questionnement entourant ce type d'activité de sollicitation avait été abordé par l'ancien comité de sécurité publique, puis repris après les dernières élections.
« Ce n'est pas la première fois que cette question est soulevée. Ce type d'activité est autorisé de façon exceptionnelle. Il y a cependant une inquiétude par rapport à la sécurité. Il n'est jamais survenu d'accidents, mais il faut veiller à ce que ça n'arrive pas. Ces entraves à la circulation causent certains refoulements dans des secteurs comme la rue Terrill ou près du CHUS ce qui pourrait entraîner des problèmes de mobilité pour les véhicules d'urgence. Il faut penser aussi à l'équité entre les organismes. Tout doit être analysé » rappelle Marc Denault.
Le conseiller municipal est conscient que la sollicitation des automobilistes lors de la Grande Guignolée des médias ou par la Fondation des maladies du  coeur permet d'amasser des sommes importantes.
« J'ai déjà contacté les organismes concernés. Nous ne voulons pas pénaliser les organismes qui bénéficient de ces collectes. C'est pour cette raison que la question n'est pas prise à la légère. Le comité de sécurité publique se penchera sur la question, mais les élus en comité plénier devront aussi débattre de la question. Nous sommes assez tôt dans l'année pour que les organismes puissent réagir s'il y a des changements majeurs », estime M. Denault.
Le directeur général de la Fondation Rock-Guertin Denis Fortier rappelle que la Grande Guignolée des médias a permis d'amasser quelque 35 000 $ l'année dernière.
« C'est une activité importante pour nous. À ma connaissance, il n'y a jamais eu d'incident. Les gens font attention. La sécurité peut être regardée, mais il ne faudrait pas remettre en question cette activité qui représente un montant important de la nourriture périssable qui compose les paniers de l'Espoir », indique Denis Fortier.