On mise sur le Centre de foires pour attirer des productions étrangères à Sherbrooke.

La Ville veut attirer de nouvelles productions étrangères

L'équipe du téléfilm américain Northpole quitte à peine le centre-ville de Sherbrooke que la Ville lance une opération séduction pour attirer de nouveaux producteurs étrangers. Destination Sherbrooke délèguera deux représentants, du 27 au 29 mars, au salon de l'Association of film commissioners international à Los Angeles, pour mettre en valeur les possibilités de tournage au coeur des Cantons-de-l'Est.
<p>Lynn Blouin</p>
« Le timing est vraiment bon avec la venue de Northpole, mais nous avions déjà décidé d'intégrer le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ) en début d'année. C'est un organisme qui a six ans d'existence et qui fait la promotion du Québec auprès des producteurs étrangers. Nous savons que les crédits d'impôt sont extrêmement avantageux pour les tournages au Québec. En combinant ceux pour la main-d'oeuvre et les tournages intérieurs, ils peuvent dépasser 50 % », fait valoir Lynn Blouin, directrice de la commercialisation et des communications à Destination Sherbrooke.
Sherbrooke devient donc un bureau régional du BCTQ, au même titre que Montréal, Québec, les Laurentides et Gatineau. « C'est un choix qui nous semblait logique pour plusieurs raisons. Ce qu'on entend, c'est que les producteurs américains ont fait le plein des Laurentides. Ils les ont filmées sous toutes leurs coutures et ils cherchent maintenant de nouveaux panoramas. Nous avons un éventail de possibilités puisque nous sommes une ville de taille moyenne qui ressemble à plusieurs villes américaines, mais nous avons aussi plusieurs villages à proximité, dont des villages anglophones avec une architecture de style Nouvelle-Angleterre », ajoute Mme Blouin.
S'ajoutent la nature qui fait la renommée des Cantons-de-l'Est et les nombreuses institutions réparties sur le territoire. « Quand on parle de plateaux de tournage, nous oublions parfois des besoins très précis auxquels répondent nos institutions. Nous avons deux universités, des hôpitaux, le Stanstead College, qui sont tous des atouts. Il y a entre autres l'hôtel de ville qui avait attiré l'attention pour le tournage de Northpole. »
Centre de foires
La carte cachée pourrait toutefois être le centre de foires. « Quand nous avons rencontré le BCTQ, ils nous ont montré beaucoup de scènes captées chez Mel's. Nous avons donc pensé au centre de foires. En leur disant que nous avions 60 000 pieds carrés, ils ont été impressionnés. Notre avantage concurrentiel, c'est que nous n'avons pas beaucoup de colonnes de division à l'intérieur, ce qui réduit les limites pour les décors. En plus, ici, on parle anglais. C'est non négligeable. »
Concrètement, le salon de Los Angeles est le plus gros du genre au monde, selon Lynn Blouin. Ce sont pas moins de 3000 producteurs, principalement des Américains, qui pourraient s'arrêter au kiosque du BCTQ, où Sherbrooke, Québec et Gatineau seront représentés. « Nous avons produit une espèce de carton recto verso où on met en valeur des lieux sherbrookois. Nous avons aussi une banque de photos. » Les villes québécoises misent par ailleurs beaucoup sur les crédits d'impôt pour attirer l'attention.
Concrètement, c'est le BCTQ qui reçoit les scénarios et l'identification des types de lieux de tournage qui seront nécessaires. Dans les bureaux régionaux, les responsables ciblent ensuite les endroits, sur leur territoire, qui pourraient convenir.
Si le pari rapporte, il pourrait rapporter gros pour Sherbrooke. « Les équipes de tournage qui s'installent ici doivent être hébergées quelque part, manger ici... Si elles restent pour cinq, six ou sept semaines, imaginez les retombées. Il n'y a rien qu'un producteur aime mieux que de débarquer quelque part pour y vivre pendant plusieurs semaines plutôt que de devoir se déplacer d'un lieu à un autre. C'est un vecteur d'entrées économiques qu'on n'a pas exploitées jusqu'à maintenant. Nous ne nous limiterons pas à la ville de Sherbrooke elle-même. Nous irons aussi dans les environs. Nous nous emballons et nous pensons qu'il pourrait y avoir un fort intérêt. Il peut s'agir aussi d'une façon de développer la fibre de fierté. »
Lynn Blouin s'accorde deux ou trois ans pour mesurer les retombées de l'initiative. Par le passé, outre Northpole, Sherbrooke a accueilli l'équipe du film américain In Love and War, mettant en vedette Sandra Bullock et Chris O'Donnell. Le campus de l'Université Bishop's avait aussi été utilisé pour Rebelles, de Léa Pool, et The Covenant, dans lequel Chace Crawford tenait un rôle.
Tourisme Cantons-de-l'Est est également partenaire dans la démarche.