La Ville s'attaque encore aux graffitis... illégaux

«Aidez-nous à lancer un vrai message. La population doit être mobilisée à enlever le plus rapidement possible les graffitis», estime Guylaine Perron du comité tags et graffitis.
<p>Guylaine Perron</p>
La Ville de Sherbrooke lance une vaste opération de nettoyage des tags et graffitis illégaux qui ternissent les immeubles. La campagne «Trucs anti-graffitis pour proprio averti» se résume par les termes «Nettoyer, protéger, signaler».
«Nous demandons aux commerçants de nettoyer les graffitis aussitôt qu'ils sont faits. L'idée de demeure de nettoyer rapidement. Il est prouvé que le fait de nettoyer rapidement un tag donne un résultat pour éviter que les graffiteurs reviennent. Ils ont l'impression d'avoir pris un risque inutile. Les propriétaires d'immeubles sont invités à prévenir pour le futur en installant des clôtures, de l'éclairage ou de la végétation. Il faut aussi signaler les méfaits au service de police. », explique la présidente du comité tags et graffitis à la Ville de Sherbrooke, Chantal L'Espérance.
Des feuillets d'informations seront acheminés aux commerçants. Ils sont aussi invités à visiter le site Internet de la Ville de Sherbrooke (sherbrooke.ca/graffitis) pour obtenir de l'information sur la façon de nettoyer les graffitis.
<p>Chantal L'Espérance</p>
La Ville de Sherbrooke souhaiterait que les propriétaires d'immeubles mettent à la disposition de l'art urbain leurs murs souvent barbouillés de tags et graffitis illégaux.
«Tout dépendant de l'ouverture des propriétaires, pourquoi ne pas engager un collectif de graffiteurs pour venir faire une vraie oeuvre qui pourrait demeurer sur le mur. Des graffiteurs pourraient être repérés pour eux afin de venir réaliser quelque chose d'intéressant. Ce sont des jeunes qui ont du talent. Nous voulons valoriser le graffiti légal», estime Chantal L'Espérance.
Les graffiteurs disposent d'endroits dans la Ville où ils peuvent laisser libre cours à leur art. Ces murs d'oeuvres temporaires sont repeints par de jeunes contrevenants lors du programme de sanctions extrajudiciaires de l'organisme Le Pont.
«Ce n'est pas long que le mot se passer chez les adolescents. Lorsque des jeunes sont arrêtés pour des graffitis illégaux notamment, ils sont mis à contribution pour repeindre les murs de la Ville. Par la suite, ces jeunes sont mieux sensibilisés à pratiquer leur art de façon légale. Leur expertise peut même être mise à contribution», estime Pierre Marcoux de l'organisme Le Pont.
«Ces espaces sont repeints trois fois par année. Ces murs sont toujours pleins. Déjà cinq graffiteurs se sont joints au comité et sont venus nous proposer des projets. Certains ont beaucoup de talents. Ils auraient avantage à s'exposer sur des murs permis plutôt que de faire ça en cachette. Notre but est d'aller chercher ces jeunes graffiteurs et leur donner une tribune pour un jour exprimer leur art sur des murs permanents», explique la capitaine à la division de sécurité des milieux du Service de police de Sherbrooke, Guylaine Perron.
La Ville de Sherbrooke souhaite dénicher des endroits pour permettre aux graffiteurs d'exprimer leur art. Des graffitis ont été réalisés sur l'immeuble d'Estrie-Aide et sur un mur à la Place de la Cité. Un mur du Tremplin 16-30 a aussi été mis à la disposition des graffiteurs.
«En encourageant les artistes à déployer leur talent, nous voulons enrayer les tags. Ce type de signature pour marquer un territoire n'est pas un geste artistique. Tandis qu'un graffiti est unique et nous souhaitons les encourager à les faire de façon légale. Nous voulons mettre en place des conditions gagnantes en offrant des murs en vue afin qu'ils puissent réaliser de très belles choses», souhaite la conseillère municipale.
Le montant de nettoyage des tags et graffitis à la Ville de Sherbrooke est passé de 100 000 $ il y a trois ans à 60 000 $ cette année.
«Nous sommes en baisse en 2014. Les actions portent fruit. Notre service des bâtiments confirme qu'il y a une baisse dans le nombre de graffitis à nettoyer», assure Chantal L'Espérance.