Bernard Sévigny

La Ville octroie 75 000 $ au Centennial

C'est une aide de 75 000 $ que la Ville de Sherbrooke accepte de verser au Théâtre Centennial pour contribuer à son plan de sauvetage. Au conseil municipal, mardi, la décision a été entérinée de façon unanime.
Cette somme permet d'atteindre les 200 000 $ nécessaires pour passer la saison 2015-2016. L'Université Bishop' s prévoit injecter 50 000 $, le Conseil des arts et de la culture devrait verser 40 000 $ et le ministère de la Culture et des Communications contribuera à hauteur de 35 000 $.
En 2014, dans un portrait du théâtre de Miles Turnbull, vice-principal académique de l'Université Bishop' s, on apprenait que seulement 12 % du public du Centennial est âgé de moins de 30 ans et que la programmation 2013-2014 a permis d'attirer en moyenne 142 spectateurs par représentation. Le taux d'occupation de la salle était de 26 %. On apprenait aussi que 86 % des spectateurs étaient francophones.
« C'est un plan de 200 000 $ qui a été présenté pour une transition d'un an. Le ministère de la Culture et des Communications, avec le Conseil des arts et des lettres du Québec vont modifier les paramètres de subvention pour cette salle de diffusion, pour assurer la pérennité du Centennial à partir de l'an prochain. En attendant, ils ont besoin de 200 000 $. C'est très circonscrit et en même temps, sur le site de la ville de Sherbrooke, il y a 160 000 citoyens, 30 000 étudiants et il y a une programmation qui, si elle n'est pas là, il faut aller à Montréal ou à Québec pour voir les spectacles », explique le maire Bernard Sévigny.
« C'est très spécialisé. C'est de la danse par exemple. Nous avons une responsabilité, comme ville centre, d'assurer ce service de façon transitoire avec l'objectif de pérennité. C'est sûr que la deuxième année, nous ne mettrons pas 75 000 $. Dans la convention qu'on signe avec le Centennial, il est clair que c'est pour une année, et qu'à l'année deux, la Ville n'est pas là. Je suis parfaitement à l'aise. »
La conseillère Hélène Dauphinais, qui ne s'est pas opposée au moment du vote, a effectué une mise en garde à la période des messages. « Face à des demandes comme celle-là, il est difficile de dire non. Toutes les demandes sont intéressantes. Dans ce cas-ci, l'intérêt est une programmation qu'on ne voit pas ailleurs. Mais quand on boucle notre budget, on dit toujours qu'on n'a pas d'argent. Nous augmenterons les taxes en suivant le taux d'inflation. Je me demande si notre priorité sera le citoyen, et le citoyen, il me dit qu'il a de la difficulté à boucler son budget. Il faudra apprendre à dire non, même à des beaux projets, parce qu'on reçoit beaucoup de demandes. »
Bernard Sévigny a répondu. « Il ne faut pas dire oui à tous les projets. Nous l'avons apprécié, analysé; nous en avons largement discuté. Le conseil est unanime, et si Mme Dauphinais veut voter contre un projet comme celui-là, elle n'a qu'à le faire. Nous ne sommes pas tenus à l'unanimité au conseil municipal. »
jonathan.custeau@latribune.qc.ca