La vie, la vie

«Si vous n'êtes pas prêt à perdre, alors vous ferez n'importe quoi pour gagner, et vous deviendrez quelqu'un que vous n'êtes pas.» -Katie Couric
Le magazine Esquire publie depuis des années une page spéciale chaque mois, genre de chronique où des célébrités de tous les milieux s'expriment et se questionnent sur notre existence en ce bas monde (et même au-delà). Le sexe, la foi, la politique, la carrière. Tout est abordé, rien n'est tabou. Ça donne un condensé magique, de haute voltige, qui charme autant qu'il déroute. Ce que j'ai appris, ça s'appelle. On y cause joliment de la vie, dans toute sa complexe simplicité. En 2009, on a réuni dans un volume 64 témoignages parmi les plus éloquents recueillis au fil des ans.
Hugh Hefner, Faye Dunaway, Al Pacino, Muhammad Ali, Julia Child, Gene Simmons: la liste des invités est variée et étonnante. Tout comme les pensées qui y sont exprimées. L'humour occupe souvent une place prépondérante chez ces personnages qui affichent un certain millage au compteur. L'existence ne peut être prise trop au sérieux, tant elle est brève et sans retour.
«Rien de ce que nous faisons n'a vraiment d'importance, souligne l'acteur John Malkovich. Mais je ne suis pas convaincu que ce soit une bonne excuse pour ne pas faire les choses correctement».
Quand il est question d'apprentissage, des personnages aux parcours dramatiques distillent leurs conseils aux plus jeunes. Larry Flynt, fondateur du magazine Hustler, parle en connaissance de cause. Devenu paraplégique à la suite d'une tentative d'assassinat, il s'opposera à l'exécution de l'homme qui lui a tiré dessus, refusant de voir la peine de mort comme un acte de justice. «Rien ne vous apprendra mieux l'humilité que la douleur». On ne peut qu'acquiescer. Questionné sur son usage de drogues, le Rolling Stone Keith Richards affirme, sourire en coin, que ces poisons ne sont pas mauvais. Ça dépend toujours de la quantité. Il confirmera du même souffle au journaliste qu'il lui arrive aussi de quêter de la marijuana à ses enfants...
The meaning of life, du magazine Esquire, se consomme à petites doses, comme un alcool fin que l'on déguste et savoure le soir au coin du feu. Les propos sont tantôt éloquents, tantôt émouvants, mais toujours humains, profondément humains. Comme le souligne le réalisateur Oliver Stone, un tantinet allergique à la célébrité: «Je ne suis pas un grand homme, je suis un putain d' homme comme vous, qui se bat pour passer au travers de sa journée.» CQFD.