La Traversée a besoin d'un plan crédible, dit le syndic

Protégée par la loi sur la faillite depuis une semaine, la Traversée internationale du lac Memphrémagog devra présenter un plan de relance crédible d'un point de vue financier, si elle désire continuer d'exister.Chargé du dossier de la Traversée du lac chez Deloitte, le syndic Ronald Gagnon souligne que la Traversée est tenue à ce stade de déposer un « avis d'évolution de l'encaisse », qui détaillera ses revenus et ses dépenses à venir.
M. Gagnon devra porter un regard critique sur l'avis produit par la Traversée. Advenant qu'il le juge irréaliste, il ne pourra autoriser la poursuite du processus amorcé pour relancer l'événement annuel.
« Si tout l'argent sert à payer des dettes, peut-être que ça ne fonctionnera pas, affirme le représentant de Deloitte. C'est un dossier particulier la Traversée. Ce n'est pas comme une entreprise qui a des entrées d'argent régulières. Cet événement profite, entre autres, de subventions et de commandites. »
Ronald Gagnon note également que la prochaine édition de la Traversée du lac ne pourrait se solder à nouveau par un déficit. Dans le pire des scénarios, il faudrait que les dépenses égalent les revenus. « Ça n'aurait pas de sens autrement », déclare-t-il.
Par ailleurs, M. Gagnon admet qu'une incertitude plane sur le volet culturel de l'événement. « Je ne sais pas s'il y aura encore des spectacles lors de la prochaine édition. Ce dont je suis conscient par contre, c'est que l'accréditation de la compétition de nage est la chose la plus importante à préserver à l'heure actuelle. »
Certains jugeront sans doute la situation grave. Cela dit, le syndic sent de la confiance chez les organisateurs de l'événement. « Ils sont persuadés de pouvoir réussir », indique-t-il.
Reid veut aider
À peine réélu pour un cinquième mandat consécutif, le député d'Orford, Pierre Reid, a l'intention de rencontrer le prochain ministre du Tourisme du Québec pour l'informer des difficultés que rencontre la Traversée du lac Memphrémagog.
« Quand il sera nommé, je discuterai avec le ministre du Tourisme. Il faudrait sécuriser la subvention que donnait annuellement le ministère du Tourisme à la Traversée », confie M. Reid.
Ces dernières années, le ministère du Tourisme a versé plus de 50 000 $ par an à l'événement annuel. Il faut ajouter à cela les milliers de dollars consentis par le député d'Orford lui-même et des ministres québécois.
« On ne peut pas se permettre de perdre la Traversée et le rayonnement qu'elle procure à Magog. En plus, la disparition de l'événement risquerait d'empêcher la réalisation du projet de création d'un centre d'entraînement national de nage en eau libre », explique Pierre Reid.
Le député promet de travailler d'arrache-pied pour favoriser la relance de la Traversée, qui n'en est pas à sa première crise. « C'est important en plus qu'on la garde parce qu'elle cadre parfaitement dans notre stratégie de diversification au plan touristique. »