Jean-François Rouleau

La transparence discutée... derrière des portes closes

Jean-François Rouleau n'a pas obtenu satisfaction, lundi à la séance du conseil municipal, alors qu'il a proposé de lever le huis clos des séances de travail du conseil qui précédent les assemblées publiques les lundis soir. Le conseil a choisi de reporter la question au 10 mars lors d'une séance du comité plénier... à huis clos.
« Je suggère que soit levé le huis clos lors des ateliers de travail afin de rétablir la transparence à Sherbrooke, et ce, dès la prochaine séance du conseil municipal. Les journalistes seraient invités à assister à ces moments-clés où se prennent des décisions tout en réservant leurs questions pour la séance régulière », a proposé M. Rouleau.
« M. le maire Sévigny a déjà proposé de lever le huis clos lors de son élection en 2009, mais n'a pas encore une fois fait preuve de leadership pour mettre en place cette réforme de façon claire. Il est maintenant temps de passer de la parole aux actes et d'agir en toute transparence. Par respect pour les employés municipaux, les questions de ressources humaines de même que les décisions d'ordre spéculatives demeureraient à huis clos », a-t-il ajouté, obtenant l'appui de son collègue Marc Denault.
Réplique de Sévigny
Le maire Bernard Sévigny a aussitôt répliqué. « La transparence a beaucoup de vertu. Avant 2009, il n'y avait aucune caméra qui entrait au conseil de ville. Je ne sais pas quelle est votre définition du leadership. Peut-être que vous me l'expliquerez un jour. En 2009, quand j'ai été élu, il y avait trois conseillers du parti et le maire et pourtant, nous avons ouvert les séances aux caméras. »
À la proposition de la conseillère Danielle Berthold, le débat a été reporté au 10 mars, dans un comité plénier à huis clos, où il sera aussi question de la webdiffusion des séances du conseil.
« Je suis seul avec Marc Denault! Nous voulions rendre l'exercice transparent et nous reportons le débat dans une réunion privée sans la présence des médias ou du public. C'est absolument incompréhensible. Je vais laisser aux citoyens la chance de porter leur propre jugement. C'est du jamais vu. Qu'ont-ils à cacher? Moi je suis très déçu de la démocratie à Sherbrooke. C'est ce que ça donne un parti politique », a tonné Jean-François Rouleau.
Bernard Sévigny s'est toutefois dit ouvert au débat. « On peut toujours en discuter. Ce sera à nous de nous discipliner pour bien marquer le fait qu'un maximum de dossiers soit traité devant les médias, ce qui n'est pas toujours le cas j'en conviens.
« Ce type de débat doit se faire en conseil municipal d'abord. Lors des séances publiques, les gens n'agissent pas toujours avec la même attitude qu'en atelier de travail. Les comportements changent de façon radicale quand il y a des caméras. Je crois qu'il faut d'abord en discuter en huis clos. Ensuite vous pourrez poser des questions aux membres du conseil municipal. »
M. Sévigny ne voit aucun paradoxe à mener un débat sur la transparence derrière des portes closes. « Il y a un minimum de dossiers et d'enjeux qui doivent d'abord être discutés entre nous. C'est un peu comme me faire dire que les comités pléniers de Gatineau se tiennent devant public. So what? Ils ont décidé ça, mais les discussions se tiennent maintenant à la cuisine et non plus aux comités pléniers. Il y a un certain nombre de dossiers, s'ils sont débattus sur la place publique, qui n'auront pas les mêmes orientations. Elles ne seraient peut-être pas celles que le conseil souhaiterait leur donner. Ce sont des nuances, mais des nuances qui doivent se régler entre élus.
« Il y a des gens qui sont plus à l'aise de discuter quand ils sont à huis clos que quand ils sont devant les citoyens. Nous avons six nouveaux, alors nous prendrons le temps de discuter de ces questions-là. »-